Edition numérique : pourquoi les DRM sont une idiotie…

par | 1 04 12 | Univers de la lecture numérique | 2 commentaires

Vous connaissez déjà les DRM dans le domaine de l’édition musicale ou audiovisuelle.

Ces « Digital Rights Management » (ou GDN – « Gestion des Droits Numériques » en français – qui est une appellation peu utilisée) sont une plaie pour le consommateur.

Dans cet article de présentation générale (qui n’apprendra pas grand-chose aux spécialistes du numérique), je vous propose de découvrir pourquoi les DRM ne servent à rien et doivent être combattus…

Ce que sont les DRM :

Les DRM sont des protections intégrées à certains supports (CD, DVD, fichiers numérisés, etc.) et peuvent prendre diverses formes : impossibilité de transfert, de copie, de lecture en-dehors de certains logiciels, d’achat en-dehors de certaines zones géographiques ou de certains canaux de distribution, etc.

Dans le domaine du livre numérique, il s’agit la plupart du temps de limiter l’utilisation du fichier à un support de lecture bien précis (par exemple, impossible de lire un fichier acheté par le biais de la plate-forme Itunes sur autre chose qu’un appareil vendu par Apple) ou d’en limiter le nombre de transferts possibles vers d’autres systèmes de lecture.

Ces protections sont mises en place par l’éditeur et/ou le canal de distribution : par exemple, un auteur peut publier un livre sans DRM sur l’Itunes Store, ce qui n’empêchera pas ce dernier d’empêcher tout usage du fichier sur un appareil d’une autre marque.

Cette forme de protection est à la limite de la légalité, sur le principe, car elle bride par nature l’utilisation dans le temps des fichiers légalement acquis : ce qui a été acheté en 2012 devrait pouvoir rester accessible en 2038, mais comment s’en assurer si on ne peut pas transférer ses propres fichiers lorsqu’on change de matériel ?

En réalité, il existe bien des façons très se débarrasser des DRM (un brin de connaissances techniques, le bon logiciel, et hop !) mais vous vous doutez que c’est parfaitement illégal…pourtant, bon nombre de consommateurs très honnêtes commencent à s’y employer, agacés d’être pris pour des voleurs en puissance par les vendeurs.

Certains éditeurs tentent de rendre ce marquage moins intrusif en utilisant le tatouage numérique, un système moins bloquant techniquement au premier abord, mais beaucoup plus vicieux, car il peut transformer n’importe qui en délinquant, à l’insu de son plein gré… 🙂

Imaginons que vous prêtiez votre livre tatoué numériquement à un ami en lui envoyant par email, que son courrier soit détourné et que le fichier réapparaisse sur un réseau de peer-to-peer : ça y est, vous êtes un grave criminel dont les actes sont passibles de la prison !
Voilà de quoi inciter au partage culturel…

Pourquoi les DRM sont une aberration :

Les DRM sont une idiotie.
Ils ne protègent absolument pas les livres contre le piratage (puisque les pirates sont par nature des gens débrouillards sur le plan technique, qui s’en débarrasseront sans aucune problème en quelques clics) mais empêchent par contre les consommateurs honnêtes moins virtuoses de l’informatique d’en faire tous les usages pourtant légaux (comme avoir une copie de sauvegarde de son achat sur un deuxième support).

En d’autres termes, les DRM permettent aux pirates/voleurs d’avoir paradoxalement plus de droits et de liberté que les acheteurs !!

Ces derniers, et ils ont bien raison, ont l’impression d’être considérés comme des voyous potentiels et de ne jamais être pleinement propriétaires de ce qu’ils ont pourtant légitimement acheté…sentiment qui les conduit parfois naturellement vers la voie du piratage, ce qui n’est a priori pas l’objectif initial des éditeurs.

Bref ! Les DRM ne servent à rien à part compliquer le monde de l’édition numérique, contribuant ainsi à retarder un peu plus l’émergence de ce nouveau mode de lecture.
A croire que les éditeurs du livre n’ont rien appris des déboires récents de leurs homologues du monde musical…

Si vous êtes un acheteur, refusez autant que possible d’acquérir les livres qui comportent des DRM, car ils bafouent tous vos droits.
Et si vous êtes un auteur auto-publié, surtout, n’en mettez pas sur vos livres !!

Pour finir, si vous avez envie de lire une petite histoire vécue, allez donc sur le blog de notre collègue auto-publié Alain Lefebvre, qui a fait la douloureuse expérience des DRM l’année dernière…en tant que lecteur.

Bien évidemment, je précise pour conclure que nous n’intègrerons jamais de DRM à nos publications, même si certains canaux de distribution limitent malheureusement eux-mêmes l’utilisation des fichiers.

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