Quelques âneries à propos du livre numérique…

Quelques âneries à propos du livre numérique…

Quelques âneries à propos du livre numérique…

Je n’ai pas pour habitude de dénigrer les articles issus d’autres sites ou blogs (j’ai plutôt tendance à mettre en avant ceux que je trouve au contraire intéressants à découvrir), mais celui que je viens de lire à propos des livres numériques m’a semblé si rétrograde et si malhonnête intellectuellement que je résiste pas à l’envie de le partager… 🙂

Contexte : l’article expose le point de vue d’une personne qui prend position contre le livre numérique. Sur le fond, c’est parfaitement son droit et je le respecte (tout comme j’admets parfaitement qu’on n’aime pas le bleu, la viande ou le jazz…).
Ce qui me semble beaucoup plus embêtant, c’est que l’auteur étaye son propos par des arguments qui sont au mieux tirés par les cheveux et au pire totalement faux.
Je me sens donc obligée de pointer du doigt ce qui, selon moi, relève de l’argumentation peu objective… et ne fait qu’embrouiller ceux qui cherchent des informations dignes de ce nom.

Pour comprendre, voici donc le contenu de l’article, que vous pouvez aussi retrouver sur cette page.

[iframe http://mobile.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-livre-numerique-ne-passera-pas-123846 100% 600]


Voici maintenant mes remarques, point par point, sur le contenu de ce texte :

Le livre numérique est en vogue outre atlantique et a du mal à décoller en France malgré les efforts commerciaux et le matraquage publicitaire.
–> Non seulement il commence à décoller, mais il est évident qu’en vendant des livres dématérialisés au même prix que le papier… on ne le lui laisse aucune chance. C’est seulement lorsqu’on démocratisera l’accès à la lecture numérique qu’on saura si elle plait ou pas… à ce stade, les dés sont pipés.

Gutenberg n’est pas prêt de se retourner dans sa tombe !
–> Avec tout le respect que j’ai pour Gutenberg, je ne vois pas en quoi on peut se féliciter de résister par principe au changement. Si l’on suit cette logique, nous devrions encore tous utiliser le papyrus et en être fiers.

Le livre numérique c’est une mode que l’on veut nous imposer mais qui présente de nombreux inconvénients :
–> Une mode qui dure depuis plusieurs années et qui ne fait que grandir… c’est vraiment une mode ? Quant à lister les inconvénients, je suis d’accord si on a l’honnêteté intellectuelle de lister aussi les avantages…

  • c’est un écran que les utilisateurs du net rechignent à utiliser trouvant qu’ils passent suffisamment de temps devant leur ordinateur ;
    –> Un sondage a été fait, pour étayer cette affirmation ? Bizarrement, je n’ai pas du tout la même perception !
  • le « livre » numérique n’a pas la même facilité d’utilisation que le VRAI ouvrage papier ;
    –> Ceci est une opinion, pas un fait. La preuve, c’est que je pense le contraire mais que moi, j’ai au moins fait l’effort d’un article un peu plus concret sur cette question.
  • les passionnés du livre aiment le sentir, le toucher et même l’exposer ;
    –> Cf point précédent… Ce vieil argument du toucher du livre commence à sentir le sapin et relève surtout (soyons honnêtes !) de l’ego (« regardez tous ces livres que j’ai dans ma bibliothèque! »).
  • l’appareil servant à lire est un objet tentant qui peut être fauché ;
    –> Voilà un argument qui tue ! On peut aussi me voler ma voiture ou mon sac à main… ce n’est pas pour autant que je prends l’autoroute à pied ou que je me terre chez moi de peur d’être attaquée ! D’ailleurs, on m’a déjà volé un livre… papier. Si, véridique !
  • c’est une catastrophe écologique puisque sa fabrication engendre 250 kg d’équivalent CO2 contre un kg pour un ouvrage papier ;
    –> J’émets quelques doutes sur les statistiques utilisées, mais quand bien même… j’aimerais rappeler qu’on ne compare pas un livre avec une liseuse. Car une liseuse peut contenir jusqu’à 3000 titres, soit 3000 kg de CO2 évités, si l’on en croit l’auteur… parfois il faut éviter les arguments contre-productifs…
  • la concentration déjà très forte avec une centaine de diffuseurs détenant 80% du marché du livre risque de conduire à la quasi disparition du livre citoyen, de qualité écrit par des « inconnus » ;
    –> Il est bien connu que l’édition traditionnelle prend d’énormes risques chaque jour avec des auteurs « inconnus ». Le matraquage Musso, Nothomb et autres Rowling n’existe donc pas autour des livres papier ?? Bizarre, même les bus à côté de chez moi font de la pub pour aller dépenser mon argent en faveur de ces auteurs « inconnus » dans la FNAC la plus proche…
    Et c’est sans parler des éditeurs 100% numériques qui font un remarquable travail en prenant de vrais risques avec de vrais anonymes dont le talent restait caché jusqu’à aujourd’hui.
  • de nombreux ouvrages n’existent pas en version électronique et en plus le lecteur potentiel perd le plaisir de toucher, de regarder et de chercher…
    –> Je ne reviens pas sur le toucher, ça commence à m’irriter de devoir expliquer que le plus important dans la lecture reste quand même de lire !
    Quant à l’argument du catalogue, il est totalement irrecevable ! Ce sont bien les éditions électroniques qui permettent de remettre la main sur des titres dont la version papier a absolument disparu des étagères. De plus, c’est aux éditeurs de composer leur catalogue : s’ils font de la résistance, il est évident que ça prend un peu de temps de développer l’accès à l’ensemble des titres.

Le développement du livre numérique en France se heurte et se heurtera à la résistance des ouvriers du livre qui ne sont pas prêts du tout à perdre leur emploi et à celles des 15 000 libraires sur les 25000 points de vente qui exercent une activité régulière de vente de livres.
–> Ne serait-il pas plus productif de tenir compte de l’évolution socio-culturelle et de requalifier l’emploi des travailleurs concernés pour qu’ils puissent profiter du progrès plutôt que de résister vainement au changement en s’entêtant dans l’immobilisme ?
Tout compte fait, les lavandières auraient dû s’opposer aux machines à laver, nous serions tellement plus avancés aujourd’hui…
Quant aux librairies, celles qui adaptent leur activité en tenant compte de la lecture numérique et en n’essayant pas de l’ignorer, elles ont de beaux jours devant elle et c’est tant mieux : il existe bien des façons d’accompagner les lecteurs dans le choix d’un titre, qu’il soit physique ou dématérialisé.

Comme l’écrit le rédacteur d’un article- dont je vous conseille la lecture- paru dans le journal « Informations Ouvrières » N°220 : « Editions, imprimeries et librairies dans les mâchoires de Bruxelles » :
« La coalition des financeurs, des grandes maisons d’édition et des « numérisateurs » genre Google ou Amazon ont néanmoins des soucis à se faire…D’abord parce que le livre numérique, cela ne marche pas ! Le livre numérique, ce n’est pas un livre et, contrairement à Canada Dry, ça n’a même pas l’aspect d’un livre, la lisibilité, la maniabilité d’un livre ; au bout de plusieurs années d’introduction sur le marché, il ne représente que 1% du volume de l’édition en France. »
–> Soupir…. il est facile d’utiliser des opinions similaires à ce qu’on dit pour prouver qu’on a raison… Moi aussi, je peux citer des tas de gens d’accord avec moi, ça ne rend pas mon argumentation plus concrète !

Certains rétorqueront qu’on ne peut pas arrêter le progrès en marche et que ceux qui sont contre le livre numérique en France sont les héritiers de ceux qui cassaient les machines à la fin du 19 ème siècle !
–> Le progrès n’est pas nécessairement un mal ou un bien… tout dépend de ce qu’on en fait. Ceci dit, c’est à peu près la seule phrase de l’article avec laquelle je suis d’accord… et encore !

Je pense que la lecture sur papier a encore un grand avenir devant elle, d’autant plus que le lecteur passionné aime le toucher et qu’il s’aperçoit vite que la lecture à ,l’écran est fatigante.
–> Encore quelqu’un qui confond les écrans LCD et les liseuses, et qui n’a pas dû tester lui-même le confort de lecture (cf une nouvelle fois mon article de test personnel).
Ceci dit, oui, la lecture sur papier a encore de grands jours devant elle et c’est tant mieux : mais pourquoi ce besoin permanent de les opposer l’un à l’autre ???

Le livre numérique ne passera pas, de toutes façons par moi et d’ailleurs :
–> Dommage de ne pas tester au moins une fois une liseuse pour parler en connaissance de cause….

  • comment ferais-je sur mon ordinateur pour faire des cornes sur mes pages ?
    –> Je lis sur liseuse et sur papier, mais je ne supporte pas qu’on corne mes pages… comme quoi, chacun à sa vision de l’essentiel.
  • Comment pourrais-je continuer à déposer sur le banc mon livre lu pour qu’il soit repris par une autre personne…Je tiens au « passe culture »….
    –> Comment faire comprendre à cette personne qu’on peut lire en numérique ET aussi lire des livres papier, à prêter et donner ?
    Ceci dit, je ne connais pas des tonnes de personnes qui laissent leurs livres dans la nature, car elles y tiennent quand même un peu !! Bref, l’argument me laisse perplexe…

Vous l’aurez compris, je suis à la fois agacée, perplexe et hilare devant cet article qui fait la liste de tous les clichés que véhiculent les « anti-livres numériques »… qui n’ont jamais vraiment testé le principe (si c’était le cas, leurs arguments seraient bien plus concrets).

J’aurais préféré que l’auteur soit objectif, assume ses opinions sans les déguiser en faits et dise simplement : je n’aime pas le changement, je tiens à ma bibliothèque, je revends des livres d’occasion le week-end et ça va tuer mon hobby, ou tout autre argument un tant soit peu plus valable que cette liste d’affirmations erronées.

J’en finis donc ici avec mon petit coup de gueule… et je retourne à mon livre en cours qui, en ce moment, est… une version papier. Dingue, non, tous les adeptes de la lecture numérique ne seraient donc pas d’infâmes vendus incultes ?!! 🙂

Hélène

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Livres numériques, papier et libraires

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Les « anti-numérique » ont deux arguments qui reviennent tout le temps, lorsqu’il s’agit pour eux de défendre à tout prix le sacro-saint livre imprimé : l’odeur du papier (variante…le fait de pouvoir le toucher) et le sort des libraires.

S’il n’est pas toujours simple de répondre à ceux qui préfèrent se poser la question de la lecture comme s’il s’agissait juste d’une relation avec « l’objet livre », il est par contre intéressant d’alimenter le débat à propos de l’avenir des libraires, surtout pour ceux qui ne prendront pas le virage du numérique et risquent dans ce cas de se retrouver en très grande difficulté.

Je vous propose donc aujourd’hui un article qui s’intéresse à cette question et dont je trouve le point de vue pertinent même s’il est volontairement un poil provocateur (et même si je reste personnellement persuadée que le numérique ne « tuera » pas le papier mais finira par contre par occuper une place très importante dans l’univers de l’édition) : « A-t-on encore besoin de papier ? », un sujet de Jean-Basile Boutak.

Bonne lecture ! 🙂

Hélène

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DRM et ebooks : la preuve par l’absurde

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Après avoir évoqué la question des DRM dans un post précédent, je vous propose aujourd’hui de découvrir un excellent article qui dénonce de façon originale leur absurdité.

L’article en question contient en effet la traduction du témoignage d’un cadre du monde de l’édition qui n’hésite pas (sous couvert d’anonymat, évidemment !:)) à expliquer qu’il est le premier à casser les protections des ebooks qu’il achète… et pourquoi.

Bref, une lecture très intéressante à découvrir sur cette page du site framablog.org.

Hélène

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Lecture numérique : l’exemple des USA et de l’Angleterre

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Aujourd’hui, deux articles intéressants à lire, qui concernent le marché de la lecture numérique aux Etats-Unis et en Angleterre, bien plus développé que chez nous (où ses détracteurs continuent de vouloir opposer stérilement le numérique au papier, alors qu’il s’agit véritablement d’un faux débat sans grand intérêt).

De quoi peut-être dédramatiser le sujet auprès des français, qui continuent d’être un peu plus réticents que leurs cousins anglophones…. 🙂

Hélène

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Pourquoi l’ebook ne décolle pas en France…

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Aujourd’hui, je vous recommande la lecture d’un dossier très bien fait au sujet de la lecture numérique en France.

Pourquoi l’hexagone a du mal à voir les ventes d’ebooks décoller, loin derrière la Grande-Bretagne et l’Allemagne (sans même parler des États-Unis…) ?

Le dossier du site frenchweb date du mois de mars dernier mais les explications qu’il donne sont toujours d’actualité.

Bonne lecture ! 🙂

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