S’auto-publier…oui, mais pas n’importe comment !

par | 12 03 12 | Auto-Publication | 0 commentaires

auto-publication2Nouveauté octobre 2015 : nous venons d’ouvrir un nouveau site dédié aux auteurs et éditeurs indépendants, TutoBar.
Plus d’informations ICI.


L’auto-publication a souvent mauvaise presse car elle est encore bien trop fréquemment synonyme d’amateurisme et de travail bâclé (textes sans intérêt, mise en forme brouillonne, sujets cent fois vus, etc).

Concrètement, ce n’est pas parce qu’on aime lire ou qu’on a des idées que l’on sait forcément écrire.
Ce n’est pas parce qu’on aime écrire qu’on le fait forcément bien.
Et ce n’est pas non plus parce qu’on écrit bien que l’on peut être capable de produire un livre qui tient la route sur le plan éditorial et qui mérite d’être vendu.

Sans vouloir une seconde prendre de haut tous ceux qui se lancent dans l’auto-publication (nous l’avons fait nous-mêmes !), j’ai juste envie de parler aujourd’hui des principes de « bonne conduite » que tous les auto-publiés auraient bien intérêt à suivre, afin que l’ensemble des auteurs qui optent volontairement pour ce mode de diffusion n’aient pas à subir les reproches qui nous sont fréquemment opposés, du type « tous ceux qui s’auto-publient le font parce qu’ils sont mauvais et qu’aucune maison d’édition ne veut d’eux…« .

1- Un contenu original et inédit tu proposeras : que l’on parle des romans mais surtout des guides pratiques, l’originalité du contenu semble évidemment nécessaire.
Pourtant, combien d’ebooks abordant le même thème retrouve-t-on partout dans les boutiques en ligne ? Des centaines.

Est-ce qu’écrire pour parler d’un sujet cent fois rebattu (sans même évoquer le plagiat, qui devient une plaie pour certains thèmes de développement personnel) est vraiment une bonne manière de défendre les vertus et les avantages de l’auto-publication ?

2- Une écriture correcte tu adopteras : la maîtrise de la langue semble également évidente lorsqu’on souhaite écrire.

Pourtant, des foules de contenus bourrés de fautes élémentaires circulent dans le milieu de l’auto-publication, apportant de l’eau au moulin de ses détracteurs.

Au risque de paraître désagréable, je pense qu’en deçà d’un certain niveau de construction des phrases, il vaut mieux s’abstenir et se tourner vers un autre passe-temps créatif…:)

3- 100 fois ton texte tu reliras : personne n’est à l’abri des coquilles et autres fautes de frappe ou d’inattention, même quand votre traitement de texte est bon. Penser que l’on peut les éviter, surtout lorsqu’on écrit un roman de 400 pages, est une illusion.

Encore une fois, par respect pour les yeux des lecteurs qui prennent le risque de lire les ouvrages d’auto-publiés (et ces lecteurs « courageux » ne sont pas encore bien nombreux !), il est important de leur faire savoir qu’on a vraiment accompli le travail qu’aurait fait un éditeur professionnel dans ce domaine, ligne par ligne.

4- Des relecteurs sérieux tu « embaucheras » : vos propres yeux ne suffisent pas, car ils finissent par « s’habituer » à votre texte (et à vos erreurs de fond et de forme).

Il est donc important de soumettre votre contenu à plusieurs regards critiques extérieurs (quand je dis critique, je ne parle pas d’une personne qui « adore » tout ce que vous faites et qui est incapable de vous dire que votre conclusion est vraiment pourrie !).
Pour Rémoras, nous avons choisi des personnes très différentes qui nous apportaient chacune son domaine de compétences : une pour traquer les erreurs narratives (incohérences dans l’action, dans la chronologie, etc.), une qui n’aimait pas lire et qui nous a servi de « baromètre », pour savoir si nous pouvions quand même plaire aux « petits lecteurs », une pour les aspects techniques (afin de donner au roman toute son authenticité et éviter les bourdes qu’un spécialiste n’aurait pas manqué de remarquer), etc.

Oubliez l’idée de vous faire vaguement relire par un ami complaisant et frottez-vous plutôt à un panel de lecteurs exigeants, car ce sont eux qui vous permettront de rendre votre livre bien meilleur.

5- Une mise en forme impeccable tu concevras : le professionnalisme se retrouve dans le fond ET dans la forme de la rédaction du contenu.

Un livre génial mais qui ne ressemble visuellement à rien est une plaie pour le lecteur, qui peut rapidement abandonner pour revenir à des ouvrages édités traditionnellement « qui ressemblent à quelque chose ».
La mise en forme d’un livre est peut-être une étape lassante pour certains, mais elle pourtant incontournable.

Elle doit également répondre au type de diffusion : on ne met pas en forme un futur fichier .pdf de la même façon qu’un produit prévu pour une liseuse numérique ou qu’une future version papier du livre, car chacun de ces supports répond à des contraintes de mise en page bien distinctes.
Oui, ce serait bien pratique de ne faire qu’une version pour tous les formats de diffusion, mais non, ce n’est vraiment pas une bonne idée de laisser ses numérotations de page dans la version prévue pour les liseuses ou de faire imprimer son texte dans une police fantaisiste non prévue pour le papier ! 🙂

Il est important de comprendre que les lecteurs ont la critique négative plus facile que le compliment (surtout quand votre livre n’est pas proposé gratuitement !) : en d’autres termes, si votre publication est mauvaise à leurs yeux, ils viendront beaucoup plus spontanément s’exprimer que s’ils ont adoré votre livre.
Et une mauvaise étiquette est rapidement difficile à décoller…

Si par exemple vous parcourez la boutique Kindle (où une bonne partie des livres payants sont écrits par des auto-publiés) pour regarder les commentaires des internautes au sujet des titres qui ont généralement moins de 3,5 étoiles de moyenne, vous y trouverez des critiques cinglantes, comme « Orthographe et grammaire catastrophiques. J’ai arrêté de lire après 10 pages. C’est honteux de publier un truc pareil ! Pour moi, il est essentiel que ce soit écrit sans faute« , « Sans intérêt,inachevé, bourré de fautes d’orthographe et de grammaire, à jeter après lecture si on arrive au bout! Y a t’il quelqu’un qui lit et vérifie les ebooks avant leur mise en vente? Si oui, je ne le félicite pas ! » ou encore « De vouloir mettre ce livre dans les polars est une mascarade. Je n’avais jamais été confronté à une littérature aussi plate et mièvre… Quand je pense que des lecteurs puissent être piégés à ce point et a ce prix ça frise l’escroquerie…À déconseiller absolument« .

Sans pointer un auteur en particulier du doigt, car là n’est pas le sujet, cela devient très pénible quand on lit un commentaire comme celui-ci : « C’était mon premier achat pour tester mon Kindle. Quelle déception ! Toutes ces fautes d’orthographe et de conjugaison m’ont horripilée. J’ai failli retourner mon appareil : heureusement que j’avais téléchargé un autre ouvrage qui lui est parfaitement écrit et pourtant c’est une traduction !!! » … car là, c’est un exemple classique de confusion que font les lecteurs entre l’appareil (ici le Kindle) et ce qu’on peut trouver à mettre dedans (les livres numériques, plus ou moins valables).
Et c’est une confusion qui a des conséquences négatives à terme, pour tous les auto-publiés qui ont bien fait leur travail.

Dans l’intérêt de la collectivité des auteurs auto-publiés qui utilisent majoritairement le numérique pour se faire connaître, il est donc important que chacun mesure l’importance d’un travail respectueux des lecteurs : vouloir publier ce qu’on écrit, oui… mais seulement si on a quelque chose de valable à raconter, si on sait écrire, si on a le courage et la patience de faire tout le travail nécessaire pour fournir un produit de qualité et si on est capable de mesurer ce qui sépare « l’écriture pour soi » de « l’écriture pour les autres ».
Car le fossé entre les deux est bien profond… 🙂

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