L’auto-publication : partie 1 (les phases d’écriture / relecture / correction)

31 mar, 2012 par

(Partie 1 du dossier consacré à l’auto-publication, faisant suite à « l’auto-publication : principes généraux et particularités »).

Vous tenez l’idée de votre roman, vous avez déjà écrit 200 pages, vous l’avez terminé… où que vous en soyez dans la phase d’écriture, considérez que vous n’êtes de toute façon qu’au début de votre travail ! :)

On peut souvent avoir l’impression que le premier jet d’un écrit est génial, formidable, parfait, etc. … mais c’est rarement le cas, il faut en être conscient.
Là où un éditeur traditionnel jouerait à vos côtés le rôle de « relecteur / nettoyeur / correcteur / conseiller »… vous n’avez personne d’autre que vous-même pour mettre tout le processus sur pied. Et cette phase est bien évidemment cruciale…

Avant même de mettre votre roman sous les yeux de personnes extérieures, commencez donc par une première étape « d’auto-nettoyage » et ayez un seul mot d’ordre en tête : « pas de pitié ! ».
Il peut être très compliqué de se séparer de parties ou de formulations que l’on a parfois mis des semaines à trouver et rédiger, mais il est pourtant indispensable de mettre ses sentiments et son ego de côté pour se poser quelques questions essentielles :

  • Est-ce que cette partie est vraiment utile à mon récit ?
  • Est-ce que je l’ai écrite simplement pour me faire plaisir ?
  • Est-ce que je l’ai juste écrite parce qu’elle « fait joli » ?
  • Etc.

Soyez conscient que votre lecteur n’aura que faire de vos « private jokes », de vos formules alambiquées ou de vos règlements de compte personnels avec la vie, si tout ça n’a aucun rapport direct avec l’histoire et qu’il n’est pas en mesure de se les approprier ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Pour mieux illustrer cette idée, je vous invite à lire cet article, qui reprend bon nombre d’erreurs à éviter, ainsi que celui-là, qui parle de la « quête du style ». (De façon générale, ce site comporte d’excellents articles relatifs au processus d’écriture).

Une méthode très efficace est de laisser dormir votre texte quelques semaines, de le ressortir et de le lire à voix haute : l’exercice est généralement impitoyable et vous permettra de dire « quoi ! c’est moi qui ai écrit cette partie ridicule que je pensais géniale ? ».

Bref ! Relisez-vous plusieurs fois sans aucune complaisance et nettoyez, épurez, tronçonnez tout ce qui n’est objectivement pas utile à votre histoire et qui finira donc par vous nuire lorsque des yeux extérieurs viendront s’en mêler….

Car une fois que vous avez accompli cette première étape de nettoyage, une fois que vous aurez également corrigé tout ce que vous aurez pu repérer comme « coquilles », fautes d’orthographes, formulations hasardeuses, etc. … il sera temps de soumettre votre texte à des relecteurs.

Je vous conseille fortement de ne JAMAIS sauter l’étape de la critique externe : seuls des yeux extérieurs, frais et « naïfs », peuvent détecter certains problèmes que vous n’êtes plus capable de voir, puisque vous connaissez votre histoire et votre façon d’écrire par cœur (incohérences narratives, faiblesses du texte, répétitions, style pompeux, fautes encore présentes, etc.).

Voici mes conseils pour choisir de façon « utile » les bons relecteurs :

  • Un bon relecteur n’a pas peur de vous dire la vérité : s’il s’agit d’un proche qui a peur de vous blesser, il vous dira juste « c’est formidable ! » et ne vous servira à rien (à part vous rassurer temporairement et flatter votre ego !).
    Sélectionnez des personnes qui sont capables de vous dire « ta fin n’a pas de sens » ou « ton style est trop maniéré pour ce genre d’histoire »… et soyez capable d’encaisser ses remarques sans l’agresser en retour !
  • Idéalement, il vous faut plusieurs relecteurs, capables d’être représentatifs des gens qui achèteront un jour votre livre : un « gros » lecteur, un « petit » lecteur, un lecteur très difficile, un qui est très peu exigeant, un spécialiste du sujet que vous abordez, quelqu’un qui vous connait très bien, un autre qui vous connait à peine, etc.
    Plus votre panel sera varié et plus vous saurez comment votre livre pourra être reçu, en moyenne. Ceci peut vous permettre d’ajuster votre propos et votre écriture.
  • N’hésitez pas à procéder à plusieurs sessions « d’allers-retours », en alternant réécriture du texte et renvoi aux personnes : ne vous contentez pas de corriger trois coquilles et tenez réellement compte de tout ce qui vous est dit, en relisant les passages incriminés et en choisissant (ou pas !) de suivre les conseils donnés.

De façon générale, toute la phase de relecture du livre par des tiers est un exercice indispensable, si l’on prétend le vendre ensuite sur la place publique.
A défaut, votre texte ne sera pas suffisamment « mûr » et vous n’aurez pas les épaules pour encaisser les premiers commentaires négatifs qui vous tomberont dessus… car il y en aura forcément. :)

L’impatience vous poussera à vouloir faire l’impasse sur cette étape, qui peut parfois prendre plusieurs mois, mais ne vous laissez pas piéger : si vous avez déjà passé un an à rédiger le premier jet de votre roman, pourquoi prendre le risque de tout gâcher ?

Parce qu’il y a des centaines de choses à dire à propos du processus d’écriture et que cet article ne peut évidemment tout couvrir, je vous invite à lire cet excellent résumé proposé par Bernard Werber.
Vous y trouverez une foule de conseils utiles relatifs à l’écriture.


Dans le prochain article de ce dossier, la partie 2, nous parlerons de la protection de votre œuvre et de la demande d’ISBN.

A très bientôt ! :)

 

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