Carte blanche à Patrick Jaulent

par | 19 10 14 | Carte blanche à... | 0 commentaires

Cet article a été écrit par le co-auteur de Game over !, Patrick Jaulent, et s’inscrit dans notre rubrique : « Carte blanche à… ». Vous êtes auteur, blogueur littéraire, vous appréciez notre ligne éditoriale et vous avez vous aussi envie de venir mettre votre grain de sel sur ce blog ? Contactez-nous !

L’espionnage mené par la NSA a choqué l’Allemagne, oui mais…

Les révélations, à l’été 2013, d’une surveillance massive de l’activité des Allemands sur Internet par les services américains ont considérablement refroidi les relations diplomatiques entre les deux pays.

Mais l’Allemagne n’était pas aussi innocente qu’elle a voulu le faire croire. Les premiers documents portés à la connaissance de la commission d’enquête parlementaire du Bundestag sur cette affaire offrent de nouvelles explications sur cette surveillance et sont accablants pour les services de renseignement (La Süddeutsche Zeitung) et l’exécutif allemand.

La Süddeutsche Zeitung rapporte en effet que les autorités allemandes ont surveillé, pour le compte de la NSA à partir de 2004, un des principaux nœuds d’Internet en Europe, à Francfort, ouvrant aux Américains une porte vers les communications de millions d’internautes du monde entier, y compris, évidemment, d’Européens.

Game overTout a commencé au début des années 2000 : les autorités allemandes, traumatisées comme les autres par les attentats du 11 septembre, se sont rapprochées des services américains. Comme le souligne la Süddeutsche Zeitung, les services américains disposent de la technologie d’interception des communications, mais manquent de lieux stratégiques où la mettre à profit. Or, l’Allemagne dispose d’un des principaux « échangeurs autoroutiers » d’Internet du monde. Installé à Francfort, il est le lieu où se connectent entre eux tous les acteurs d’Internet, et où passe un déluge de données téléphoniques et Internet.

Un « contrat » est donc passé entre l’Allemagne et les États-Unis. Ce « joyau de la coopération », selon les termes de la NSA, débute en 2004 et prévoit que le BND, l’équivalent allemand de la NSA, procède aux interceptions des communications Internet et téléphoniques, qui sont ensuite analysées par les agents américains avec le concours des analystes allemands.

À l’époque, l’accord avec la NSA est censé être un moyen pour les Américains d’intercepter davantage de données en provenance de Russie..

L’accord de ce partenariat a pris fin en 2008. Les raisons de cet arrêt sont encore inconnues (disons plutôt qu’il n’est pas bon de communiquer sur ce point) tout comme l’est la quantité réelle de données d’Allemands qui ont été interceptées, peut-être au mépris de la loi. Comme le rappelle non sans malice la SZ, Hans-Peter Friedrich (alors ministre de l’Intérieur) déclarait en tout cas en juillet 2013 : « Si un service de renseignement étranger surveillait le nœud Internet de Francfort, cela constituerait une violation de notre souveraineté ».

Dans Game over !, l’Allemagne est au cœur de l’intrigue.

Game over !, fiction ou réalité ?

Dans la même catégorie d’articles :

Commentaires Facebook

commentaires

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimez nos livres ? Envie de bonus, de cadeaux... ?

Rejoignez notre cercle d'abonnés pour être informé(e) de nos futures parutions, suivre notre actualité et en découvrir les coulisses.
Vous recevrez en moyenne une newsletter par semaine, ainsi qu'une notification chaque fois qu'un nouvel article sera publié sur notre blog (et votre adresse ne sera, bien sûr, jamais communiquée à des tiers).

Afin de vous remercier, nous vous offrons une copie numérique de Rémoras, La Faille - Volume 1, ou Les Affligés - Volume 1, lors de la validation de votre inscription, sur simple demande par email.

À bientôt !
Hélène et Sébastien

Votre inscription est bien enregistrée, merci !

Pin It on Pinterest

Shares
Share This