Librairies numériques : comment décrypter les commentaires

Librairies numériques : comment décrypter les commentaires

Librairies numériques : comment décrypter les commentaires

Avant-hier, Rémoras a eu sa première critique négative sur Amazon.

Si les commentaires négatifs font partie de la vie d’un roman (il vaut même mieux accepter cet état de fait rapidement, sous peine de déprime assurée !), il est intéressant de comprendre comment et pourquoi les commentaires sont rédigés, en sachant que certaines pratiques sont de plus en plus courantes dans les librairies numériques.

Cet article propose donc un petit tour dans le monde impitoyable des commentaires… 🙂

Pour commencer, deux constats (qui ne viennent pas seulement de nous, mais qui ont été établis par la plupart des auto-publiés qui vendent sur les plate-formes numériques) :

  • Sur l’Ibook Store, environ 5% des lecteurs donnent une note au roman qu’ils ont acheté et 1% rédigent un commentaire (Rémoras sera prochainement dans leur catalogue et nous pourrons voir nous-mêmes ce qu’il en est).
  • Dans la boutique Kindle d’Amazon, cette proportion est encore plus faible (sans doute parce qu’il faut obligatoirement rédiger un commentaire pour donner une note, ce qui décourage vite ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie d’écrire).
    Ainsi, seulement 3% des acheteurs de Rémoras ont laissé un commentaire (et encore, en comptant les trois premiers, laissés par nos bêta-lecteurs).
    La proportion habituellement constatée par les auto-publiés avec plus de recul est de 0,5 à 1% environ.


Au-delà des chiffres, le plus intéressant est le contenu des commentaires eux-mêmes, car certains sont évidemment tout sauf sincères (la mise en ligne de commentaires « commandés » étant devenue un véritable business outre-atlantique, donnant même lieu à des procès en tous genres !) :

  • On trouve d’abord les « faux commentaires positifs », généralement reconnaissables par leurs intitulés dithyrambiques et leurs contenus bien peu étayés.
    S’il est de bonne guerre d’amorcer la pompe avec quelques commentaires de proches qui veulent donner un coup de pouce au décollage du livre (et je l’ai dit, nous avons nous-mêmes invités trois de nos bêta-lecteurs à s’exprimer), cela devient un problème quand on paye des gens pour le faire (pratique de plus en plus courante) ou qu’on s’en charge soi-même sous vingt noms différents !
    Ces faux avis positifs sont assez faciles à repérer : ils n’ont pas de substance, sont répétitifs et ne donnent finalement que peu d’informations concrètes quant à la raison qui se cache derrière la note.
  • Ensuite, vous avez les « faux commentaires négatifs », généralement reconnaissables par leurs intitulés assassins et leur manque d’explications.
    Par exemple, si le commentaire négatif reçu pour Rémoras nous a particulièrement étonnés, ce n’est pas parce qu’il est négatif, mais bien parce qu’il n’explique absolument pas pourquoi il l’est ! (même s’il s’agit peut-être d’une simple paresse de la part de la personne, qui n’a pas eu envie de s’étendre…ne soyons pas paranoïaques).
    Il est devenu courant de faire poster ce type d’avis sur les livres de la concurrence (notamment pour en faire baisser la note globale) et il est donc intéressant de regarder plus en détail les critiques très négatives, surtout lorsqu’elles sont isolées au milieu d’un ensemble d’avis favorables, pour voir ce qu’elles valent vraiment.
    Bizarrement, il faut savoir que plus un livre a de succès, plus la proportion d’avis négatifs (voire méchants) qu’il reçoit tend à augmenter…étrange, non ? 🙂
    Il faut savoir que chez Amazon et dans l’Ibook Store (à la différence d’autres plate-formes), il n’est pas obligatoire d’avoir acheté un produit particulier pour le commenter, mais qu’un achat quelconque fait l’affaire une fois pour toutes : la tentation pour certains d’aller parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu est donc grande…
    Par exemple, si vous voyez qu’une personne a tendance a toujours assassiner certains types de publications (comme celles des auto-publiés) et à encenser celles d’une maison d’édition en particulier…méfiez-vous !

Afin de s’y retrouver plus facilement quant à la valeur réelle d’un livre, l’idéal est donc de se servir de la fonction « recevoir un extrait gratuit », afin de mieux savoir où l’on met les pieds.
La plupart des plate-formes proposent cet envoi partiel et je ne peux que vous recommander de vous en servir avant chaque achat : cela vous aidera à voir quels commentaires relatifs au livre sont les plus proches de votre première impression personnelle.

Pour terminer, sachez que le fameux avis négatif dont je parle ici a reçu la réponse spontanée d’un autre lecteur, qui avait manifestement les mêmes doutes que nous quant à l’objectif réel du commentaire.
J’en ai donc profité pour donner notre propre réponse et inviter la première personne à étayer son propos et à mieux expliquer sa note, en espérant qu’elle le fera.
Vous pouvez retrouver ce petit échange sur cette page.

Hélène

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S’auto-publier… oui, mais pas n’importe comment !

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S’auto-publier… oui, mais pas n’importe comment !

auto-publication2MAJ janvier 2017 : retrouvez notre série de tutoriels dédiés aux auteurs indépendants en vidéo sur notre chaîne YouTube.


L’auto-publication a souvent mauvaise presse car elle est encore bien trop fréquemment synonyme d’amateurisme et de travail bâclé (textes sans intérêt, mise en forme brouillonne, sujets cent fois vus, etc).

Concrètement, ce n’est pas parce qu’on aime lire ou qu’on a des idées que l’on sait forcément écrire.
Ce n’est pas parce qu’on aime écrire qu’on le fait forcément bien.
Et ce n’est pas non plus parce qu’on écrit bien que l’on peut être capable de produire un livre qui tient la route sur le plan éditorial et qui mérite d’être vendu.

Sans vouloir une seconde prendre de haut tous ceux qui se lancent dans l’auto-publication (nous l’avons fait nous-mêmes !), j’ai juste envie de parler aujourd’hui des principes de « bonne conduite » que tous les auto-publiés auraient bien intérêt à suivre, afin que l’ensemble des auteurs qui optent volontairement pour ce mode de diffusion n’aient pas à subir les reproches qui nous sont fréquemment opposés, du type « tous ceux qui s’auto-publient le font parce qu’ils sont mauvais et qu’aucune maison d’édition ne veut d’eux…« .

1- Un contenu original et inédit tu proposeras : que l’on parle des romans mais surtout des guides pratiques, l’originalité du contenu semble évidemment nécessaire.
Pourtant, combien d’ebooks abordant le même thème retrouve-t-on partout dans les boutiques en ligne ? Des centaines.

Est-ce qu’écrire pour parler d’un sujet cent fois rebattu (sans même évoquer le plagiat, qui devient une plaie pour certains thèmes de développement personnel) est vraiment une bonne manière de défendre les vertus et les avantages de l’auto-publication ?

2- Une écriture correcte tu adopteras : la maîtrise de la langue semble également évidente lorsqu’on souhaite écrire.

Pourtant, des foules de contenus bourrés de fautes élémentaires circulent dans le milieu de l’auto-publication, apportant de l’eau au moulin de ses détracteurs.

Au risque de paraître désagréable, je pense qu’en deçà d’un certain niveau de construction des phrases, il vaut mieux s’abstenir et se tourner vers un autre passe-temps créatif…:)

3- 100 fois ton texte tu reliras : personne n’est à l’abri des coquilles et autres fautes de frappe ou d’inattention, même quand votre traitement de texte est bon. Penser que l’on peut les éviter, surtout lorsqu’on écrit un roman de 400 pages, est une illusion.

Encore une fois, par respect pour les yeux des lecteurs qui prennent le risque de lire les ouvrages d’auto-publiés (et ces lecteurs « courageux » ne sont pas encore bien nombreux !), il est important de leur faire savoir qu’on a vraiment accompli le travail qu’aurait fait un éditeur professionnel dans ce domaine, ligne par ligne.

4- Des relecteurs sérieux tu « embaucheras » : vos propres yeux ne suffisent pas, car ils finissent par « s’habituer » à votre texte (et à vos erreurs de fond et de forme).

Il est donc important de soumettre votre contenu à plusieurs regards critiques extérieurs (quand je dis critique, je ne parle pas d’une personne qui « adore » tout ce que vous faites et qui est incapable de vous dire que votre conclusion est vraiment pourrie !).
Pour Rémoras, nous avons choisi des personnes très différentes qui nous apportaient chacune son domaine de compétences : une pour traquer les erreurs narratives (incohérences dans l’action, dans la chronologie, etc.), une qui n’aimait pas lire et qui nous a servi de « baromètre », pour savoir si nous pouvions quand même plaire aux « petits lecteurs », une pour les aspects techniques (afin de donner au roman toute son authenticité et éviter les bourdes qu’un spécialiste n’aurait pas manqué de remarquer), etc.

Oubliez l’idée de vous faire vaguement relire par un ami complaisant et frottez-vous plutôt à un panel de lecteurs exigeants, car ce sont eux qui vous permettront de rendre votre livre bien meilleur.

5- Une mise en forme impeccable tu concevras : le professionnalisme se retrouve dans le fond ET dans la forme de la rédaction du contenu.

Un livre génial mais qui ne ressemble visuellement à rien est une plaie pour le lecteur, qui peut rapidement abandonner pour revenir à des ouvrages édités traditionnellement « qui ressemblent à quelque chose ».
La mise en forme d’un livre est peut-être une étape lassante pour certains, mais elle pourtant incontournable.

Elle doit également répondre au type de diffusion : on ne met pas en forme un futur fichier .pdf de la même façon qu’un produit prévu pour une liseuse numérique ou qu’une future version papier du livre, car chacun de ces supports répond à des contraintes de mise en page bien distinctes.
Oui, ce serait bien pratique de ne faire qu’une version pour tous les formats de diffusion, mais non, ce n’est vraiment pas une bonne idée de laisser ses numérotations de page dans la version prévue pour les liseuses ou de faire imprimer son texte dans une police fantaisiste non prévue pour le papier ! 🙂

Il est important de comprendre que les lecteurs ont la critique négative plus facile que le compliment (surtout quand votre livre n’est pas proposé gratuitement !) : en d’autres termes, si votre publication est mauvaise à leurs yeux, ils viendront beaucoup plus spontanément s’exprimer que s’ils ont adoré votre livre.
Et une mauvaise étiquette est rapidement difficile à décoller…

Si par exemple vous parcourez la boutique Kindle (où une bonne partie des livres payants sont écrits par des auto-publiés) pour regarder les commentaires des internautes au sujet des titres qui ont généralement moins de 3,5 étoiles de moyenne, vous y trouverez des critiques cinglantes, comme « Orthographe et grammaire catastrophiques. J’ai arrêté de lire après 10 pages. C’est honteux de publier un truc pareil ! Pour moi, il est essentiel que ce soit écrit sans faute« , « Sans intérêt,inachevé, bourré de fautes d’orthographe et de grammaire, à jeter après lecture si on arrive au bout! Y a t’il quelqu’un qui lit et vérifie les ebooks avant leur mise en vente? Si oui, je ne le félicite pas !  » ou encore « De vouloir mettre ce livre dans les polars est une mascarade. Je n’avais jamais été confronté à une littérature aussi plate et mièvre… Quand je pense que des lecteurs puissent être piégés à ce point et a ce prix ça frise l’escroquerie…À déconseiller absolument« .

Sans pointer un auteur en particulier du doigt, car là n’est pas le sujet, cela devient très pénible quand on lit un commentaire comme celui-ci : « C’était mon premier achat pour tester mon Kindle. Quelle déception ! Toutes ces fautes d’orthographe et de conjugaison m’ont horripilée. J’ai failli retourner mon appareil : heureusement que j’avais téléchargé un autre ouvrage qui lui est parfaitement écrit et pourtant c’est une traduction !!! » … car là, c’est un exemple classique de confusion que font les lecteurs entre l’appareil (ici le Kindle) et ce qu’on peut trouver à mettre dedans (les livres numériques, plus ou moins valables).
Et c’est une confusion qui a des conséquences négatives à terme, pour tous les auto-publiés qui ont bien fait leur travail.

Dans l’intérêt de la collectivité des auteurs auto-publiés qui utilisent majoritairement le numérique pour se faire connaître, il est donc important que chacun mesure l’importance d’un travail respectueux des lecteurs : vouloir publier ce qu’on écrit, oui… mais seulement si on a quelque chose de valable à raconter, si on sait écrire, si on a le courage et la patience de faire tout le travail nécessaire pour fournir un produit de qualité et si on est capable de mesurer ce qui sépare « l’écriture pour soi » de « l’écriture pour les autres ».
Car le fossé entre les deux est bien profond… 🙂

Hélène

https://www.youtube.com/watch?v=9fZxjzQqFHU

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L’historique de l’auto-publication de Rémoras

L’historique de l’auto-publication de Rémoras

L’historique de l’auto-publication de Rémoras

L’aventure Rémoras a commencé en décembre 2010, par une simple discussion.

Pour ceux qui viennent d’arriver sur ce blog et qui ne nous connaissent pas, M.I.A est la mise en commun des compétences de deux personnes : Seb et moi-même (Hélène).

Nous travaillons quotidiennement ensemble sur divers projets éditoriaux pour le web depuis presque quatre ans et à l’époque, l’idée de travailler tous les deux sur un roman est venue prendre naturellement sa place dans notre collaboration.

Le principe d’origine pour ce travail commun était simple :

  • A Seb de fournir les bases de l’histoire originale, les apports techniques, et toutes les connaissances relatives au « milieu » et aux personnes réelles ayant servi de socle à nos personnages.
  • A moi de faire les recherches historiques et géographiques nécessaires pour implanter notre histoire, de construire la narration et d’écrire.

Cette répartition fond/forme de base a bien sûr été moins simpliste que cela, puisque tous les détails de l’intrigue ont continué de grandir grâce à nos échanges quotidiens, rendus possibles par Internet.

Car, pour ceux qui ne le savent pas, nous vivons à 1500 km de distance et nous nous sommes rencontrés « pour de vrai » et pour la première fois en février dernier seulement !
Rémoras est donc un pur produit des possibilités d’Internet, construit jour par jour grâce à des heures de Skype et de mails, et dont la promotion s’est faite par des outils que nous avons intégralement conçus.

Avec le recul, en écrivant ces lignes, je me dis que nous n’avons pas chômé… 🙂

  • Nous avons écrit les cinq premières parties de Rémoras (qui en compte huit) entre janvier et juin 2011, en envoyant à nos cinq bêta-lecteurs initiaux les contenus au fur et à mesure, afin de recueillir leurs critiques, avis, commentaires, etc.
    Nous avons choisi un panel de personnes capables de s’intéresser à tous les aspects du livre (narratif, technique, éditorial, etc) et surtout de ne pas nous épargner.
  • Ce processus d’allers-retours nous a permis d’aboutir à une version presque finale de ces parties et de les proposer à la lecture libre, sur Calaméo, de juillet à septembre, en sortant une nouvelle partie tous les quinze jours (actuellement, seule la première partie y reste accessible).
    L’idée était que pendant ce temps, nous pourrions avancer sur les parties 6 à 8, tout en nous frottant à des lecteurs inconnus.
    C’est aussi début juillet 2011 que nous avons mis notre premier site web en ligne et ouvert notre page Facebook.
  • En décembre 2011, le roman était terminé et était prêt à affronter une nouvelle fois nos bêta-lecteurs, dont le nombre avait grossi entretemps.
    La mouture finale, après maintes nouvelles corrections, a vu le jour juste avant la fin de l’année. Nous étions parés pour faire face aux éditeurs…
  • En janvier et février dernier, nous avons donc activé notre réseau et commencé à solliciter des rencontres avec les éditeurs (ce qui a notamment débouché sur un rendez-vous très instructif avec une représentante de Fayard, qui nous a permis de bien mieux comprendre les attentes de cette maison).
    Les retours frileux que nous avons reçus à plusieurs reprises (Rémoras portant sur des sujets… délicats) nous ont finalement convaincus qu’il valait mieux changer notre fusil d’épaule et prendre notre destin en main (ce qui nous chatouillait depuis le début, pour être honnête !).
    C’est donc là que la couverture du livre a été créée, les ISBN commandés, les procédures de publication lancées, etc.
  • Le 15 février 2011, après plusieurs jours de mise en forme spécialement pensée pour la liseuse Kindle, Rémoras est donc sorti officiellement sur Amazon.
    Les retours ont immédiatement été positifs et nous avons mis plusieurs fois le support à jour, afin de proposer le meilleur confort de lecture possible aux acheteurs.
  • Une édition complétée à été mise en ligne il y a deux jours, avec le rajout d’une magnifique préface de John Bastardi Daumont, qui nous a fait l’honneur de sa plume et de son regard incisif sur le milieu dans lequel Rémoras s’inscrit (version publiée le jour de la création de ce blog, qui devenait absolument essentiel pour mieux communiquer avec tous ceux qui nous suivent).
  • Le manuscrit a été une nouvelle fois remis en forme hier pour pouvoir être édité sur papier, grâce au système d’impression à la demande de Lulu.com, ce qui permettra à Rémoras d’être vendu dans les librairies physiques et en ligne d’ici avril.

En résumé, une aventure passionnante, puisque, au-delà de l’écriture du roman à proprement parler, nous avons eu la possibilité de tout faire nous-mêmes, à notre façon, avec certainement des erreurs de parcours mais aussi de nombreuses réussites et beaucoup de découvertes au passage.

Évidemment, nous sommes tellement contents de ce que nous avons pu accomplir que nous n’allons pas nous arrêter là… d’ici quelques semaines, une fois Rémoras disponible dans sa version papier, il sera temps de revenir au planning de travail sur Skype, pour commencer à mettre en route notre deuxième roman… 🙂

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Les avantages de la liseuse numérique

Les avantages de la liseuse numérique

Les avantages de la liseuse numérique

Voilà une question qui fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps, le marché français de l’édition se mettant timidement (péniblement ?) à proposer un catalogue de titres numériques encore bien modeste, surtout si on le compare au marché américain (et anglo-saxon de façon plus générale).

Il suffit de voir que les éditeurs persistent à proposer les versions numériques de leurs ouvrages à des prix bien trop élevés (parfois même supérieurs à la version poche) pour comprendre qu’ils trainent véritablement des pieds et ne font rien pour donner du souffle à cette nouvelle façon de lire.

La crainte plus ou moins avouée des éditeurs est que les pixels tuent le papier et que le monde s’écroule… mais est-ce vraiment le cas ? Le numérique n’est-il au contraire pas capable d’attirer de nouveaux lecteurs, notamment ceux que de faibles prix peuvent motiver et qui n’achètent pas en papier de toute façon ?

Car il ne s’agit finalement que de ça : d’une autre manière d’aborder la lecture, qui se veut simplement complémentaire.

J’ai moi-même longtemps boudé le numérique pour les romans (« moi, jamais ! »), en étant sensible à un argument qui me semblait incontournable : l’objet livre. Il est évident que le papier procure une sensation inégalable, que personne ne peut remettre en cause…

Mais l’objet livre n’a pas que des avantages, car il prend notamment de la place : j’ai plus de 2000 livres aujourd’hui, j’en lis deux par semaine en moyenne et mon dernier mur disponible sera rempli d’ici 6 mois. Sans parler des problèmes de taille de valise pour les vacances, puisque je lis alors deux fois plus et que je pars lestée comme un baudet.

Bref ! L’argument de la place et la nécessité de savoir ce qu’allaient concrètement voir les lecteurs de Rémoras en achetant notre roman en numérique sur Amazon m’ont donc fait basculer du côté obscur de la force : j’ai mis mes préjugés de côté et j’ai commandé un Kindle.
J’étais un peu (carrément !) sceptique…mais je dois dire que je ne peux aujourd’hui plus m’en passer !

Sans faire la pub d’une liseuse plutôt que d’une autre (les tests techniques se trouvent partout sur Internet et chacun pourra se faire sa propre idée), j’avoue que la mienne a fait tomber tous mes a priori et que je suis la première à en être étonnée.

J’ai donc repris ici tous les arguments négatifs que je m’empressais de dégainer il y a encore peu de temps, pour partager mon humble avis sur la question et peut-être donner envie à certains de tenter l’expérience…

On a mal aux yeux avec une liseuse
—> faux : il y a souvent confusion entre liseuse (qui ne sert qu’à lire) et tablette (qui est un outil multimédia et qui reprend les principes d’affichage d’un écran d’ordinateur).
La première n’est pas rétro-éclairée (vous pouvez toujours vous accrocher pour lire dans le noir !), ne scintille pas et procure la même expérience visuelle que le papier, grâce à l’utilisation d’encre électronique.
De plus, vous pouvez modifier la taille de la police comme vous le souhaitez et obtenir un confort visuel parfait.

L’objet n’est pas pratique à tenir
–> faux : la plupart des liseuses sont très légères et pensées de façon ergonomique.
La mienne pèse nettement moins lourd qu’un livre, a des boutons de chaque côté pour faire passer les pages et je l’utilise avec une seule main, ce qui est beaucoup plus compliqué avec certains romans en grand format. Je l’ai évidemment testée lorsque je lis en étant couchée…un pur bonheur !

Le catalogue numérique français n’est pas bien terrible
–> ça se discute : certains éditeurs pratiquent un prix ridiculement élevé, effectivement, mais de plus en plus de titres apparaissent et certains méritent d’être découverts, y compris les auto-publiés qui profitent de cette nouvelle façon de lire pour se faire connaître et qui ne sont pas tous de médiocres écrivaillons, contrairement à la croyance populaire…
Entre les titres gratuits (tombés dans le domaine public) et les offres de lancement à tout petit prix, je me suis empressée de mettre de côté une trentaine de romans dans ma liseuse…qui peut en contenir 1400 (le tout pour moins de 50€, qui dit mieux ?).

Les liseuses sont trop chères
–> ça se discute : tout dépend de la marque. Amazon a frappé fort en lançant la version française de sa liseuse en octobre dernier, à 99€, et il suffit de faire un rapide calcul pour voir ce qu’on peut économiser lorsqu’on est un gros lecteur.
Personnellement, j’ai rentabilisé ma liseuse dès mes premiers achats, puisque je sais que j’aurais fini par acheter la version papier des livres (à plus de 10€ en moyenne).

Les formats techniques sont une plaie d’une liseuse à une autre
–> c’est parfois vrai : selon la marque de votre liseuse et le type de fichiers qu’elle supporte, vous pouvez vous retrouver avec des incompatibilités techniques qui sont bien pénibles (sauf si vous savez utiliser des logiciels comme Calibre, un incontournable qui fera l’objet d’un autre article).
De façon générale, les éditeurs français s’entêtent en plus à mettre des protections « anti-pirates » (les fameux DRM, qu’un enfant de 6 ans pourrait désamorcer avec un peu de pratique) qui créent parfois des soucis de lecture et qui ne servent honnêtement à rien, à part enquiquiner les lecteurs.
Ceci dit, les quelques rares inconvénients de ce type sont à mon avis largement compensés par les autres avantages.

Rien ne peut remplacer un « vrai » livre !
–> c’est vrai, mais qui parle de remplacer ? Trouver l’équilibre entre papier et liseuse est une simple question de bon sens, tout comme on sait bien que certaines vidéos peuvent être vues sur un écran de téléphone portable mais que d’autres méritent le grand écran dans le salon pour être vraiment savourées…
La liseuse permet de découvrir des titres qu’on n’aurait pas eu le réflexe d’acheter en format papier, de partir avec 20 livres dans son sac en vacances, de lire plus quand on a un budget limité, etc.
Rien n’empêche en parallèle de rester fidèle à ses auteurs préférés et de leur réserver une place de choix sur ses étagères. 🙂

Il existe évidemment bien d’autres arguments pour et contre la liseuse, et j’espère que ce post vous donnera envie de donner votre avis, que vous ayez vous aussi décidé de vous lancer ou que soyez encore en train de vous dire « moi, une liseuse ? jamais ! ».

N’hésitez pas à alimenter le débat !

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Bienvenue !

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Bienvenue !

Bienvenue sur le Blog de M.IA !

Dans la continuité de notre ancien site www.mia-remoras.com, nous avons décidé de lancer un blog qui nous permettra de mieux vous faire partager l’aventure littéraire qu’est pour nous la publication de Rémoras.

Ceux qui nous connaissent déjà, notamment par le biais de Facebook, savent que ce thriller de politique-fiction a vu le jour en décembre 2011, après un an d’écriture et avec le soutien d’une quinzaine de bêta-lecteurs qui ont fait un formidable travail critique pour nous permettre d’aboutir à la version finale désormais en vente sur Amazon.

Ce blog va nous donner la possibilité de mieux vous parler de nos joies (et de nos galères !) en matière d’auto-publication, puisque nous avons finalement fait le choix de ne pas rechercher d’éditeur, pour tout un tas de raisons que nous vous présenterons dans d’autres articles à venir.

Ce blog tout neuf s’enrichira donc peu à peu de contenus relatifs à notre livre mais aussi à l’univers de l’auto-publication et du livre numérique, deux domaines qui ont encore mauvaise presse chez les francophones mais qui (croisons les doigts !) finiront peut-être par se démocratiser.

En espérant que vous lirez, commenterez et recommanderez ce blog autour de vous, nous vous souhaitons une bonne découverte de notre univers !

Hélène et Sébastien

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