Librairies numériques : comment décrypter les commentaires
Librairies numériques : comment décrypter les commentaires

Si les commentaires négatifs font partie de la vie d’un roman (il vaut même mieux accepter cet état de fait rapidement, sous peine de déprime assurée !), il est intéressant de comprendre comment et pourquoi les commentaires sont rédigés, en sachant que certaines pratiques sont de plus en plus courantes dans les librairies numériques.
Cet article propose donc un petit tour dans le monde impitoyable des commentaires… 🙂
Pour commencer, deux constats (qui ne viennent pas seulement de nous, mais qui ont été établis par la plupart des auto-publiés qui vendent sur les plate-formes numériques) :
- Sur l’Ibook Store, environ 5% des lecteurs donnent une note au roman qu’ils ont acheté et 1% rédigent un commentaire (Rémoras sera prochainement dans leur catalogue et nous pourrons voir nous-mêmes ce qu’il en est).
- Dans la boutique Kindle d’Amazon, cette proportion est encore plus faible (sans doute parce qu’il faut obligatoirement rédiger un commentaire pour donner une note, ce qui décourage vite ceux qui n’ont pas le temps ou l’envie d’écrire).
Ainsi, seulement 3% des acheteurs de Rémoras ont laissé un commentaire (et encore, en comptant les trois premiers, laissés par nos bêta-lecteurs).
La proportion habituellement constatée par les auto-publiés avec plus de recul est de 0,5 à 1% environ.
Au-delà des chiffres, le plus intéressant est le contenu des commentaires eux-mêmes, car certains sont évidemment tout sauf sincères (la mise en ligne de commentaires « commandés » étant devenue un véritable business outre-atlantique, donnant même lieu à des procès en tous genres !) :
- On trouve d’abord les « faux commentaires positifs », généralement reconnaissables par leurs intitulés dithyrambiques et leurs contenus bien peu étayés.
S’il est de bonne guerre d’amorcer la pompe avec quelques commentaires de proches qui veulent donner un coup de pouce au décollage du livre (et je l’ai dit, nous avons nous-mêmes invités trois de nos bêta-lecteurs à s’exprimer), cela devient un problème quand on paye des gens pour le faire (pratique de plus en plus courante) ou qu’on s’en charge soi-même sous vingt noms différents !
Ces faux avis positifs sont assez faciles à repérer : ils n’ont pas de substance, sont répétitifs et ne donnent finalement que peu d’informations concrètes quant à la raison qui se cache derrière la note. - Ensuite, vous avez les « faux commentaires négatifs », généralement reconnaissables par leurs intitulés assassins et leur manque d’explications.
Par exemple, si le commentaire négatif reçu pour Rémoras nous a particulièrement étonnés, ce n’est pas parce qu’il est négatif, mais bien parce qu’il n’explique absolument pas pourquoi il l’est ! (même s’il s’agit peut-être d’une simple paresse de la part de la personne, qui n’a pas eu envie de s’étendre…ne soyons pas paranoïaques).
Il est devenu courant de faire poster ce type d’avis sur les livres de la concurrence (notamment pour en faire baisser la note globale) et il est donc intéressant de regarder plus en détail les critiques très négatives, surtout lorsqu’elles sont isolées au milieu d’un ensemble d’avis favorables, pour voir ce qu’elles valent vraiment.
Bizarrement, il faut savoir que plus un livre a de succès, plus la proportion d’avis négatifs (voire méchants) qu’il reçoit tend à augmenter…étrange, non ? 🙂
Il faut savoir que chez Amazon et dans l’Ibook Store (à la différence d’autres plate-formes), il n’est pas obligatoire d’avoir acheté un produit particulier pour le commenter, mais qu’un achat quelconque fait l’affaire une fois pour toutes : la tentation pour certains d’aller parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu est donc grande…
Par exemple, si vous voyez qu’une personne a tendance a toujours assassiner certains types de publications (comme celles des auto-publiés) et à encenser celles d’une maison d’édition en particulier…méfiez-vous !
Afin de s’y retrouver plus facilement quant à la valeur réelle d’un livre, l’idéal est donc de se servir de la fonction « recevoir un extrait gratuit », afin de mieux savoir où l’on met les pieds.
La plupart des plate-formes proposent cet envoi partiel et je ne peux que vous recommander de vous en servir avant chaque achat : cela vous aidera à voir quels commentaires relatifs au livre sont les plus proches de votre première impression personnelle.
Pour terminer, sachez que le fameux avis négatif dont je parle ici a reçu la réponse spontanée d’un autre lecteur, qui avait manifestement les mêmes doutes que nous quant à l’objectif réel du commentaire.
J’en ai donc profité pour donner notre propre réponse et inviter la première personne à étayer son propos et à mieux expliquer sa note, en espérant qu’elle le fera.
Vous pouvez retrouver ce petit échange sur cette page.
Hélène
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L’aventure Rémoras a commencé en décembre 2010, par une simple discussion.
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