Je n’ai pas encore eu l’occasion de relayer les tests relatifs aux derniers modèles de liseuses sortis depuis la rentrée (pour rappel, les gammes Kindle et Kobo).
Aujourd’hui, je vous propose donc de découvrir le très bon test vidéo du Kobo Glo proposé par le site Idboox, que vous pouvez voir directement ci-dessous ou en vous rendant sur la page suivante.
Je n’ai pas pour habitude de dénigrer les articles issus d’autres sites ou blogs (j’ai plutôt tendance à mettre en avant ceux que je trouve au contraire intéressants à découvrir), mais celui que je viens de lire à propos des livres numériques m’a semblé si rétrograde et si malhonnête intellectuellement que je résiste pas à l’envie de le partager… 🙂
Contexte : l’article expose le point de vue d’une personne qui prend position contre le livre numérique. Sur le fond, c’est parfaitement son droit et je le respecte (tout comme j’admets parfaitement qu’on n’aime pas le bleu, la viande ou le jazz…).
Ce qui me semble beaucoup plus embêtant, c’est que l’auteur étaye son propos par des arguments qui sont au mieux tirés par les cheveux et au pire totalement faux.
Je me sens donc obligée de pointer du doigt ce qui, selon moi, relève de l’argumentation peu objective… et ne fait qu’embrouiller ceux qui cherchent des informations dignes de ce nom.
Pour comprendre, voici donc le contenu de l’article, que vous pouvez aussi retrouver sur cette page.
Voici maintenant mes remarques, point par point, sur le contenu de ce texte :
Le livre numérique est en vogue outre atlantique et a du mal à décoller en France malgré les efforts commerciaux et le matraquage publicitaire. –> Non seulement il commence à décoller, mais il est évident qu’en vendant des livres dématérialisés au même prix que le papier… on ne le lui laisse aucune chance. C’est seulement lorsqu’on démocratisera l’accès à la lecture numérique qu’on saura si elle plait ou pas… à ce stade, les dés sont pipés.
Gutenberg n’est pas prêt de se retourner dans sa tombe ! –> Avec tout le respect que j’ai pour Gutenberg, je ne vois pas en quoi on peut se féliciter de résister par principe au changement. Si l’on suit cette logique, nous devrions encore tous utiliser le papyrus et en être fiers.
Le livre numérique c’est une mode que l’on veut nous imposer mais qui présente de nombreux inconvénients : –> Une mode qui dure depuis plusieurs années et qui ne fait que grandir… c’est vraiment une mode ? Quant à lister les inconvénients, je suis d’accord si on a l’honnêteté intellectuelle de lister aussi les avantages…
c’est un écran que les utilisateurs du net rechignent à utiliser trouvant qu’ils passent suffisamment de temps devant leur ordinateur ; –> Un sondage a été fait, pour étayer cette affirmation ? Bizarrement, je n’ai pas du tout la même perception !
le « livre » numérique n’a pas la même facilité d’utilisation que le VRAI ouvrage papier ; –> Ceci est une opinion, pas un fait. La preuve, c’est que je pense le contraire mais que moi, j’ai au moins fait l’effort d’un article un peu plus concret sur cette question.
les passionnés du livre aiment le sentir, le toucher et même l’exposer ; –> Cf point précédent… Ce vieil argument du toucher du livre commence à sentir le sapin et relève surtout (soyons honnêtes !) de l’ego (« regardez tous ces livres que j’ai dans ma bibliothèque! »).
l’appareil servant à lire est un objet tentant qui peut être fauché ; –> Voilà un argument qui tue ! On peut aussi me voler ma voiture ou mon sac à main… ce n’est pas pour autant que je prends l’autoroute à pied ou que je me terre chez moi de peur d’être attaquée ! D’ailleurs, on m’a déjà volé un livre… papier. Si, véridique !
c’est une catastrophe écologique puisque sa fabrication engendre 250 kg d’équivalent CO2 contre un kg pour un ouvrage papier ; –> J’émets quelques doutes sur les statistiques utilisées, mais quand bien même… j’aimerais rappeler qu’on ne compare pas un livre avec une liseuse. Car une liseuse peut contenir jusqu’à 3000 titres, soit 3000 kg de CO2 évités, si l’on en croit l’auteur… parfois il faut éviter les arguments contre-productifs…
la concentration déjà très forte avec une centaine de diffuseurs détenant 80% du marché du livre risque de conduire à la quasi disparition du livre citoyen, de qualité écrit par des « inconnus » ; –> Il est bien connu que l’édition traditionnelle prend d’énormes risques chaque jour avec des auteurs « inconnus ». Le matraquage Musso, Nothomb et autres Rowling n’existe donc pas autour des livres papier ?? Bizarre, même les bus à côté de chez moi font de la pub pour aller dépenser mon argent en faveur de ces auteurs « inconnus » dans la FNAC la plus proche… Et c’est sans parler des éditeurs 100% numériques qui font un remarquable travail en prenant de vrais risques avec de vrais anonymes dont le talent restait caché jusqu’à aujourd’hui.
de nombreux ouvrages n’existent pas en version électronique et en plus le lecteur potentiel perd le plaisir de toucher, de regarder et de chercher… –> Je ne reviens pas sur le toucher, ça commence à m’irriter de devoir expliquer que le plus important dans la lecture reste quand même de lire ! Quant à l’argument du catalogue, il est totalement irrecevable ! Ce sont bien les éditions électroniques qui permettent de remettre la main sur des titres dont la version papier a absolument disparu des étagères. De plus, c’est aux éditeurs de composer leur catalogue : s’ils font de la résistance, il est évident que ça prend un peu de temps de développer l’accès à l’ensemble des titres.
Le développement du livre numérique en France se heurte et se heurtera à la résistance des ouvriers du livre qui ne sont pas prêts du tout à perdre leur emploi et à celles des 15 000 libraires sur les 25000 points de vente qui exercent une activité régulière de vente de livres. –> Ne serait-il pas plus productif de tenir compte de l’évolution socio-culturelle et de requalifier l’emploi des travailleurs concernés pour qu’ils puissent profiter du progrès plutôt que de résister vainement au changement en s’entêtant dans l’immobilisme ? Tout compte fait, les lavandières auraient dû s’opposer aux machines à laver, nous serions tellement plus avancés aujourd’hui… Quant aux librairies, celles qui adaptent leur activité en tenant compte de la lecture numérique et en n’essayant pas de l’ignorer, elles ont de beaux jours devant elle et c’est tant mieux : il existe bien des façons d’accompagner les lecteurs dans le choix d’un titre, qu’il soit physique ou dématérialisé.
Comme l’écrit le rédacteur d’un article- dont je vous conseille la lecture- paru dans le journal « Informations Ouvrières » N°220 : « Editions, imprimeries et librairies dans les mâchoires de Bruxelles » : « La coalition des financeurs, des grandes maisons d’édition et des « numérisateurs » genre Google ou Amazon ont néanmoins des soucis à se faire…D’abord parce que le livre numérique, cela ne marche pas ! Le livre numérique, ce n’est pas un livre et, contrairement à Canada Dry, ça n’a même pas l’aspect d’un livre, la lisibilité, la maniabilité d’un livre ; au bout de plusieurs années d’introduction sur le marché, il ne représente que 1% du volume de l’édition en France. » –> Soupir…. il est facile d’utiliser des opinions similaires à ce qu’on dit pour prouver qu’on a raison… Moi aussi, je peux citer des tas de gens d’accord avec moi, ça ne rend pas mon argumentation plus concrète !
Certains rétorqueront qu’on ne peut pas arrêter le progrès en marche et que ceux qui sont contre le livre numérique en France sont les héritiers de ceux qui cassaient les machines à la fin du 19 ème siècle ! –> Le progrès n’est pas nécessairement un mal ou un bien… tout dépend de ce qu’on en fait. Ceci dit, c’est à peu près la seule phrase de l’article avec laquelle je suis d’accord… et encore !
Je pense que la lecture sur papier a encore un grand avenir devant elle, d’autant plus que le lecteur passionné aime le toucher et qu’il s’aperçoit vite que la lecture à ,l’écran est fatigante. –> Encore quelqu’un qui confond les écrans LCD et les liseuses, et qui n’a pas dû tester lui-même le confort de lecture (cf une nouvelle fois mon article de test personnel). Ceci dit, oui, la lecture sur papier a encore de grands jours devant elle et c’est tant mieux : mais pourquoi ce besoin permanent de les opposer l’un à l’autre ???
Le livre numérique ne passera pas, de toutes façons par moi et d’ailleurs : –> Dommage de ne pas tester au moins une fois une liseuse pour parler en connaissance de cause….
comment ferais-je sur mon ordinateur pour faire des cornes sur mes pages ? –> Je lis sur liseuse et sur papier, mais je ne supporte pas qu’on corne mes pages… comme quoi, chacun à sa vision de l’essentiel.
Comment pourrais-je continuer à déposer sur le banc mon livre lu pour qu’il soit repris par une autre personne…Je tiens au « passe culture »…. –> Comment faire comprendre à cette personne qu’on peut lire en numérique ET aussi lire des livres papier, à prêter et donner ? Ceci dit, je ne connais pas des tonnes de personnes qui laissent leurs livres dans la nature, car elles y tiennent quand même un peu !! Bref, l’argument me laisse perplexe…
Vous l’aurez compris, je suis à la fois agacée, perplexe et hilare devant cet article qui fait la liste de tous les clichés que véhiculent les « anti-livres numériques »… qui n’ont jamais vraiment testé le principe (si c’était le cas, leurs arguments seraient bien plus concrets).
J’aurais préféré que l’auteur soit objectif, assume ses opinions sans les déguiser en faits et dise simplement : je n’aime pas le changement, je tiens à ma bibliothèque, je revends des livres d’occasion le week-end et ça va tuer mon hobby, ou tout autre argument un tant soit peu plus valable que cette liste d’affirmations erronées.
J’en finis donc ici avec mon petit coup de gueule… et je retourne à mon livre en cours qui, en ce moment, est… une version papier. Dingue, non, tous les adeptes de la lecture numérique ne seraient donc pas d’infâmes vendus incultes ?!! 🙂
Cela fait longtemps que nous n’avons pas fait le point sur nos divers projets en cours, dont la liste s’allonge de plus en plus, et qui méritent donc un petit résumé…
La traduction de Rémoras est dans sa dernière ligne droite et l’objectif d’une sortie pour les fêtes devrait normalement être tenu.
Nous suivons nos principes habituels de bêta-lecture, quelques lecteurs américains ayant été associés au travail de John, notre traducteur, ce qui ralentit un poil le processus… mais nous voulions conserver la même rigueur de préparation pour cette version que pour l’original.
Nous avons parallèlement lancé l’écriture de notre troisième opus, premier tome d’une trilogie qui s’étalera donc sur 2013.
Nous allons continuer de creuser certains thèmes chers à notre cœur, mais dans une veine cette fois plus tournée vers la science-fiction… plus de détails sont à venir dans quelques semaines.
En ce qui concerne notre activité d’éditeur, ce sont normalement trois livres qui devraient être publiés d’ici novembre, le temps de peaufiner tous les détails techniques nécessaires.
Ces publications seront mises à l’honneur sur le blog et nous comptons bien sûr sur les lecteurs de M.I.A pour réserver un accueil chaleureux à ces auteurs qui nous font confiance pour les aider à se faire connaître… 🙂
D’autres manuscrits sont actuellement à l’étude et devraient déboucher sur une publication pour la fin d’année.
En parallèle, nous continuons de développer notre réseau de partenaires, afin de rendre ce site plus visible et de faire connaître l’ensemble de notre travail.
Moins d’un mois après le passage symbolique des 2 000 ventes cumulées de Rémoras et La Trappe, nous franchissons aujourd’hui celui des 3 000… avec surprise et gratitude ! 🙂
Parallèlement, nous atteignons les 30 000 vues du blog, en moins de 7 mois, ce qui est un résultat plus qu’honorable, surtout quand on regarde la progression constante de la fréquentation.
Je profite donc de cet article pour remercier encore une fois :
Les lecteurs de Rémoras et de La Trappe
Les visiteurs du blog qui nous font connaître autour d’eux
Les personnes qui relayent la présentation de notre structure éditoriale
En espérant que ce beau parcours va continuer, nous vous donnons rendez-vous pour les 4 000 ventes ! 🙂
Cette partie n’était initialement pas prévue au menu du dossier auto-publication, mais le nombre de mails que nous recevons à ce sujet m’a poussée à proposer un article qui reprend les questions les plus courantes de l’auteur auto-publié : « quel statut dois-je avoir », « comment déclarer mes revenus », « dois-je cotiser quelque part ? », etc.
Avant toute chose, je rappelle que cet article n’a d’autre but que d’être informatif, qu’il contient des explications qui seront peut-être obsolètes dans six mois et qu’il n’a pas la prétention de remplacer les conseils judicieux et personnalisés d’un avocat, d’un expert-comptable, de votre centre des Impôts ou de l’Urssaf… cette précaution étant prise, je vais donc tenter de rendre digeste un sujet qui donne la migraine à tout le monde. 🙂
La dernière partie de l’article présentera aussi un récapitulatif pour mieux comprendre les différences qui existent entre un auteur auto-publié et un auteur publié (chez nous, par exemple !), afin que vous puissiez mesurer les avantages et inconvénients de chaque statut.
Quelques rappels
Un auteur peut fournir ses travaux d’écriture dans le cadre de trois grandes catégories d’activité :
L’activité d’auteur auto-publié (l’auteur rédige, met en forme et distribue ses propres écrits, sans faire appel à un tiers pour tout ce qui touche à la publication de ses œuvres et sans céder ses droits de diffusion à quiconque).
L’activité d’auteur édité (il cède les droits d’édition et de diffusion de ses écrits, selon les termes d’un contrat précis qui encadre la relation entre les deux parties et a alors le statut officiel de « artiste-auteur »),
L’activité d’auteur salarié (il travaille contractuellement avec un lien de subordination vis-à-vis d’un employeur, de façon récurrente, par exemple pour des journaux, des collectivités, etc.).
Dans cet article, ce sont les deux premières catégories qui seront abordées (celle du salarié renvoyant tout simplement à la législation correspondante), en évoquant particulièrement trois points :
Quel statut juridique a l’auteur ?
Quelles cotisations sociales doit-il payer et à qui ?
Comment déclare-t-il les revenus perçus ?
Essayons d’y voir un peu plus clair… 🙂
Le statut juridique
La jurisprudence admet parfaitement qu’un auteur auto-publié (du moment qu’il déclare ses revenus) puisse tester son activité d’écrivain en-dehors de tout cadre juridique précis (sans avoir un statut autre que sa propre personne), mais – comme toute tolérance laissée à l’appréciation des juges – cette notion est bien floue…
Si un auto-publié vend 30 livres sans avoir de statut professionnel, personne ne viendra lui demander des comptes. S’il en vend 3000, il commencera à intéresser quelques services d’état…
En effet, avoir un statut juridique bien déterminé n’a finalement qu’un intérêt (pour vous comme pour l’administration) : permettre d’officialiser votre activité et de vous soumettre à un régime social approprié, grâce auquel vous allez payer des cotisations sociales obligatoires.
Je commence donc par vous donner un premier conseil, afin d’éviter tout souci par la suite : si vous avez l’intention de développer votre activité d’auteur auto-publié et de la pratiquer de façon régulière (même en vendant peu de livres au début), n’attendez pas trop longtemps avant de sauter le pas du statut professionnel.
Par contre, si vous comptez n’écrire qu’un seul livre qui ne sera diffusé qu’auprès de vos proches, inutile de vous mettre martel en tête… vous ne finirez pas en prison !
Alors, quels statuts peuvent répondre aux besoins d’un auteur indépendant ?
Le plus couramment évoqué est celui de l’auto-entrepreneur, simple et rapide à mettre en place (qui fait partie de la catégorie des « entreprises individuelles »).
D’autres formes de structures unipersonnelles, comme l’EURL ou la micro-entreprise peuvent également vous convenir.
Si vous préférez les structures collectives (en mettant votre conjoint ou votre meilleur ami dans le coup !), une SARL ou une association peuvent aussi répondre à vos besoins.
Attention ! Dans ces deux derniers cas, vous aurez un contrat d’édition qui lie votre entreprise à votre propre personne (en tant qu’auteur édité), ce qui fait que vous basculerez finalement dans la deuxième situation évoquée en préambule, ce qui commence à compliquer un peu les choses… 🙂
Pour faire votre choix, je vous invite à consulter toute la documentation officielle de l’APCE, qui présente de façon claire les avantages et contraintes de chaque forme juridique.
Pour les besoins de cet article, je vais par contre partir du principe que vous choisissez le statut juridique d’auto-entrepreneur (détails sur cette page), car c’est à juste titre la forme le plus souvent choisie par les auteurs auto-publiés.
Attention, ce statut est envisageable pour une activité n’excédant pas 32 600€ (en 2011) de chiffre d’affaires (plafond qui concerne les activités libérales, comme celles des arts). Si vous écrivez un véritable best-seller, il vous faudra donc rapidement envisager une autre forme juridique ! 🙂
De plus, des informations contradictoires sont parfois données par l’administration pour une même question donnée : statut libéral ou commercial (plafond de 81 500€ en 2011) ? Voyez l’échange de commentaires qui suit cet article pour comprendre la problématique et renseignez-vous personnellement pour obtenir l’information qui correspond exactement à votre situation.
Edit : Si vous n’exercez pas d’autre activité indépendante que celle d’auteur, vous devez normalement vous voir attribuer le code APE 9003B « autres créations artistiques », qui inclut les écrivains, et être soumis au régime des BNC des professions libérales.
Si vous choisissez un autre statut que celui de l’auto-entrepreneur, à vous de trouver les correspondances adéquates sur le site de l’AFE, qui a l’avantage de tout lister de façon claire.
Je précise dès à présent (nous y reviendrons plus bas) que le statut d’auto-entrepreneur implique deux éléments importants :une imposition sur le revenu et un statut de travailleur non-salarié.
Cas particulier des fonctionnaires :
Fonctionnaires et agents de droit public, l’article 25 de la loi n° 83-634 (voir le texte) vous autorise désormais à exercer une activité annexe sous réserve d’y être autorisé par la commission de déontologie, autorisation valable 2 ans et pouvant être prolongée d’un an. Au terme de la troisième année, vous devez devez choisir entre la fonction publique ou renoncer à l’activité annexe. Les règles changent légèrement si vous êtes à temps partiel de moins de 70 %.
Heureusement, une autre disposition du même article vous libère de ces entraves lorsqu’il s’agit d’activités artistiques : « La production des œuvres de l’esprit au sens des articles L. 112-1, L. 112-2 et L. 112-3 du code de la propriété intellectuelle s’exerce librement, dans le respect des dispositions relatives au droit d’auteur des agents publics et sous réserve des dispositions de l’article 26 de la présente loi. » (Article 26, par lequel vous êtes tenu au respect du secret professionnel).
Quelle différence avec le statut juridique de l'auteur édité ? En savoir plus...
L’auteur édité par des tiers pour tous ses écrits a le statut officiel de « artiste-auteur », qui s’auto-suffit (sauf s’il exerce en parallèle des activités indépendantes, ce qui entraînera alors un double statut).
Il répond aux critères fixés par la loi, qui sont (extrait du texte) :
« Professionnel qui exerce à titre indépendant une activité de création :
– d’œuvres littéraires et dramatiques,
– musicales et chorégraphiques,
– audiovisuelles et cinématographiques,
– photographiques,
– de logiciels,
– ou d’œuvres graphiques et plastiques.
La production de l’artiste-auteur doit relever des œuvres d’art, c’est-à-dire des créations originales réalisées par l’artiste et produites en nombre limité, ou de la cession de droits d’exploitation sur les œuvres.«
L’artiste-auteur n’a donc pas besoin d’avoir un statut juridique indépendant pour son activité d’écriture, puisqu’il dépend d’un autre organisme en ce qui concerne ses cotisations obligatoires : l’AGESSA.
Ce point sera complété et précisé dans la partie suivante… 🙂
Le régime et les cotisations sociales
Partons donc du postulat que vous êtes auteur auto-publié avec un statut d’auto-entrepreneur (activité libérale ou commerciale, suivant le code APE qui a vous a été attribué lors de l’enregistrement de votre demande – voir les commentaires qui suivent cet article pour comprendre pourquoi il est délicat de trancher). Edit : l’activité est bien libérale si vous avez le code APE 9003B.
Vous payez vos cotisations sociales à l’Urssaf selon les modalités du régime micro-social dont vous dépendez.
Vos cotisations sont payées mensuellement ou trimestriellement, sur la base de votre chiffre d’affaires correspondant, et vous n’avez donc pas d’argent à avancer.
Consultez la fiche explicative de l’AFE pour en savoir plus sur les particularités du régime micro-social.
Quelle différence avec le régime social de l'auteur édité ? En savoir plus...
L’auteur bénéficiant du statut officiel de « artiste-auteur » cotise auprès de l’AGESSA, selon certaines conditions bien spécifiques.
Et, comme le stipule bien l’AGESSA sur son site : « La perception de droits d’auteur et l’affiliation à l’AGESSA sont compatibles avec toutes autres activités professionnelles. Le statut d’ « auto-entrepreneur » peut concerner des activités artistiques (auto-édition, prestation de services…) mais il ne vise pas vos activités d’auteur. Les revenus d’auteur ne relèvent pas du régime de l’ « auto-entrepreneur ». Si vous avez un statut de travailleur indépendant ou d’auto-entrepreneur pour certaines de vos activités, il vous faudra cotiser également au RSI ».
La déclaration des revenus
En tant qu’auteur auto-publié auto-entrepreneur (ça fait beaucoup d’ « aut », tout ça !), vous pouvez opter pour le « versement fiscal libératoire » et payer vos impôts mensuellement ou trimestriellement, le calcul des sommes dues se faisant alors au fil de l’eau, sur la base de votre chiffre d’affaires, comme pour vos charges sociales.
Encore une fois, voyez la documentation officielle pour décider si cette option est avantageuse pour vous ou pas, en fonction des éléments personnels de votre foyer fiscal (notamment les revenus de votre conjoint).
Mais une grande question récurrente taraude les autos-publiés… les revenus doivent-ils être déclarés en BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou BNC (Bénéfices Non Commerciaux) ?
Sur ce point, je vous donne l’information qui m’a été communiquée initialement, lorsque je me suis enregistrée il y a quelques années, à propos de l’activité d’écriture : elle rentrerait dans la catégorie des BNC, puisque c’est une activité « libérale » et non « commerciale ».
(Le Conseil d’État donne deux critères pour vérifier que l’activité est libérale : la personne la pratiquant ne doit pas avoir le statut de commerçant et il doit y avoir prépondérance de l’activité intellectuelle).
Edit : avec le code APE 9003B, votre activité est libérale et vous déclarez bien vos revenus en BNC.
Si vous avez suivi le chemin proposé par ce dossier et que vous ne vendez votre livre qu’en numérique et via Create Space pour la version papier, vous ne faites pas de commerce au sens strict du terme (achat/revente de produits) mais diffusez simplement une œuvre de l’esprit payante : vous êtes donc censé déclarer vos revenus en BNC.
Mais, une exception est théoriquement à envisager, puisqu’elle s’apparente à du commerce : celle où vous achetez des exemplaires de vos livres pour les revendre manuellement (auprès des librairies, notamment), en faisant donc des bénéfices commerciaux.
Dans ce cas, le chiffre d’affaires relatif à cette partie de votre activité d’auto-publié doit normalement être déclaré en BIC, alors que le reste relève des BNC.
Ceci dit, si vous achetez/revendez manuellement vos propres livres à certains distributeurs physiques, mais que les bénéfices retirés sont faibles, il est parfaitement admis que vous les intégriez tout simplement dans vos BNC avec le reste de vos ventes numériques (pour ne pas devenir dingue, les exercices comptables n’étant pas les mêmes dans les deux cas..).
Edit : avec le code APE 9003B, la vente de vos propres livres, qu’elle qu’en soit la forme, relève bien des BNC également.
Notez aussi que les auteurs bénéficiant de ce code APE sont exonérés de la cotisation foncière des entreprises (voir le texte officiel).
Encore une fois, si vous avez un doute et que votre situation personnelle diffère des exemples donnés ici, comme vous pouvez par exemple le constater dans l’échange de commentaires qui suit cet article, c’est l’Administration qui pourra vous dire quoi faire dans votre cas personnel… 🙂
Elle est d’ailleurs la première à reconnaître qu’il est parfois compliqué de savoir quel régime doit être appliqué, comme expliqué dans cette notice officielle, qui présente les modalités de qualification catégorielle des revenus et que je vous engage à consulter.
Quelle différence avec la déclaration de revenus de l'auteur édité ? En savoir plus...
L’auteur édité bénéficiant du statut officiel de « artiste-auteur » bénéficie d’un mode de déclaration des revenus assez similaire à celui de l’auteur indépendant auto-publié… avec quelques avantages supplémentaires, puisqu’il s’agit officiellement de « droits d’auteur ».
Vous avez mal au crâne ? 🙂
Pas de panique, voilà un tableau qui synthétise l’essentiel à retenir, en comparant notamment la situation de l’auto-publié, avec statut d’auto-entrepeneur, et de l’édité, avec statut d’artiste-auteur :
Auteur auto-publié
Auteur édité (y compris via sa propre structure d’édition, comme une SARL ou une association)
Statut juridique :
Auto-entrepreneur (ou autre forme d’entreprise unipersonnelle)
(Edit : les auteurs qui n’ont pas d’autre activité indépendante doivent normalement obtenir le code APE 9003B)
Artiste-auteur
Cotise auprès de :
Urssaf ou RSI, selon le régime concerné (libéral ou commercial) (via la déclaration mensuelle ou trimestrielle) / Cotisations indexées sur le chiffre d’affaires déclaré.
(Edit : pour le code APE 9003B, il s’agit d’un régime libéral, donc de l’Urssaf)
– Est automatiquement assujetti à l’Agessa pour les cotisations obligatoires, via un précompte effectué par l’éditeur ou le diffuseur (peut aussi demander à cotiser de lui-même pour ne pas avoir de retenues sur les droits d’auteur qui lui sont versés).
– Peut ou doit s’affilier à l’Agessa pour les cotisations vieillesse (si conditions d’affiliation remplies) en complément.
Revenus déclarés en tant que :
BNC ou BIC, selon le régime concerné (libéral ou commercial) / Option possible de prélèvement fiscal libératoire, afin de payer ses impôts tous les mois ou trimestres, en fonction du chiffre d’affaires déclaré.
(Edit : pour le code APE 9003B, les revenus sont bien à déclarer en BNC / il y a exonération de la cotisation foncière des entreprises)
Traitements et salaires ou BNC (selon situation et demande particulière de l’auteur) / Bénéficie d’un étalement possible des impôts sur 5 ans, afin de répondre aux particularités des revenus irréguliers.
Voilà donc ce qu’il faut retenir des informations légales et fiscales pour chaque cas, en sachant que le choix d’une structure dédiée à votre activité d’écriture aura des avantages (l’auteur percevra des droits d’auteur) mais que l’entreprise elle-même sera soumise à une fiscalité.
Une activité modeste d’écriture se suffit donc d’un statut d’auto-entrepreneur, amplement suffisant tant que le plafond (32600€ ou 81500€ à ce jour, selon le régime) n’est pas dépassé et n’appelle pas une usine à gaz… votre bon sens vous dictera le choix à faire.
Bien sûr, si vous êtes parallèlement salarié ou artisan, tout ça va compliquer vos déclarations de revenus et la somme de vos cotisations, parfois confondues… mais parfois bien distinctes.
En bref, si vous ne vous sentez pas le courage d’étudier tout ça et de faire le nécessaire, confier votre livre à une structure d’édition indépendante est peut-être la meilleure solution.
Dans de prochains articles, nous parlerons du marketing de vos livres, l’objectif de toute cette débauche d’énergie étant quand même (ne l’oublions pas !) que vous ayez des lecteurs.
En espérant que cette partie 7 vous aura rendu service, je vous dis donc à bientôt ! 🙂
Hélène
Article édité le 14/09/15 : Pour donner suite aux échanges que vous pouvez lire dans les commentaires à la suite de cet article, j’ai fait quelques recherches supplémentaires (notamment retrouver mon APE personnel et son libellé).
Il apparait donc que (dans le cas de l’auteur qui ne fait rien d’autre qu’écrire et diffuser ses propres livres), il s’agit bien d’une activité libérale non-commerçante, dépendant du code APE 9003B « autres créations artistiques », qui regroupe entre autres écrivains et compositeurs de musique (voir la fiche de l’INSEE pour en savoir plus).
A ce titre, les revenus de l’activité sont bien à déclarer en BNC, avec un abattement forfaitaire de 34% pour les frais professionnels.
Le reste des informations données précédemment reste valable.
Vous aimez nos livres ? Envie de bonus, de cadeaux... ?
Rejoignez notre cercle d'abonnés pour être informé(e) de nos futures parutions, suivre notre actualité et en découvrir les coulisses.
Votre adresse ne sera, bien sûr, jamais communiquée à des tiers.
Afin de vous remercier, nous vous offrons une copie numérique de Rémoras, La Faille - Volume 1, ou Les Affligés - Volume 1, lors de la validation de votre inscription, sur simple demande par email.