L’auto-publication : partie 1 (les phases d’écriture / relecture / correction)

L’auto-publication : partie 1 (les phases d’écriture / relecture / correction)

Nouveauté octobre 2015 : nous venons d’ouvrir un nouveau site dédié aux auteurs et éditeurs indépendants, TutoBar.
Plus d’informations ICI.


(Partie 1 du dossier consacré à l’auto-publication, faisant suite à « l’auto-publication : principes généraux et particularités »).

Vous tenez l’idée de votre roman, vous avez déjà écrit 200 pages, vous l’avez terminé… où que vous en soyez dans la phase d’écriture, considérez que vous n’êtes de toute façon qu’au début de votre travail ! 🙂

On peut souvent avoir l’impression que le premier jet d’un écrit est génial, formidable, parfait, etc. … mais c’est rarement le cas, il faut en être conscient.
Là où un éditeur traditionnel jouerait à vos côtés le rôle de « relecteur / nettoyeur / correcteur / conseiller »… vous n’avez personne d’autre que vous-même pour mettre tout le processus sur pied. Et cette phase est bien évidemment cruciale…

Avant même de mettre votre roman sous les yeux de personnes extérieures, commencez donc par une première étape « d’auto-nettoyage » et ayez un seul mot d’ordre en tête : « pas de pitié ! ».
Il peut être très compliqué de se séparer de parties ou de formulations que l’on a parfois mis des semaines à trouver et rédiger, mais il est pourtant indispensable de mettre ses sentiments et son ego de côté pour se poser quelques questions essentielles :

  • Est-ce que cette partie est vraiment utile à mon récit ?
  • Est-ce que je l’ai écrite simplement pour me faire plaisir ?
  • Est-ce que je l’ai juste écrite parce qu’elle « fait joli » ?
  • Etc.

Soyez conscient que votre lecteur n’aura que faire de vos « private jokes », de vos formules alambiquées ou de vos règlements de compte personnels avec la vie, si tout ça n’a aucun rapport direct avec l’histoire et qu’il n’est pas en mesure de se les approprier ou d’y trouver un quelconque intérêt.

Pour mieux illustrer cette idée, je vous invite à lire cet article, qui reprend bon nombre d’erreurs à éviter, ainsi que celui-là, qui parle de la « quête du style ». (De façon générale, ce site comporte d’excellents articles relatifs au processus d’écriture).

Une méthode très efficace est de laisser dormir votre texte quelques semaines, de le ressortir et de le lire à voix haute : l’exercice est généralement impitoyable et vous permettra de dire « quoi ! c’est moi qui ai écrit cette partie ridicule que je pensais géniale ? ».

Bref ! Relisez-vous plusieurs fois sans aucune complaisance et nettoyez, épurez, tronçonnez tout ce qui n’est objectivement pas utile à votre histoire et qui finira donc par vous nuire lorsque des yeux extérieurs viendront s’en mêler….

Car une fois que vous avez accompli cette première étape de nettoyage, une fois que vous aurez également corrigé tout ce que vous aurez pu repérer comme « coquilles », fautes d’orthographes, formulations hasardeuses, etc. … il sera temps de soumettre votre texte à des relecteurs.

Je vous conseille fortement de ne JAMAIS sauter l’étape de la critique externe : seuls des yeux extérieurs, frais et « naïfs », peuvent détecter certains problèmes que vous n’êtes plus capable de voir, puisque vous connaissez votre histoire et votre façon d’écrire par cœur (incohérences narratives, faiblesses du texte, répétitions, style pompeux, fautes encore présentes, etc.).

Voici mes conseils pour choisir de façon « utile » les bons relecteurs :

  • Un bon relecteur n’a pas peur de vous dire la vérité : s’il s’agit d’un proche qui a peur de vous blesser, il vous dira juste « c’est formidable ! » et ne vous servira à rien (à part vous rassurer temporairement et flatter votre ego !).
    Sélectionnez des personnes qui sont capables de vous dire « ta fin n’a pas de sens » ou « ton style est trop maniéré pour ce genre d’histoire »… et soyez capable d’encaisser ses remarques sans l’agresser en retour !
  • Idéalement, il vous faut plusieurs relecteurs, capables d’être représentatifs des gens qui achèteront un jour votre livre : un « gros » lecteur, un « petit » lecteur, un lecteur très difficile, un qui est très peu exigeant, un spécialiste du sujet que vous abordez, quelqu’un qui vous connait très bien, un autre qui vous connait à peine, etc.
    Plus votre panel sera varié et plus vous saurez comment votre livre pourra être reçu, en moyenne. Ceci peut vous permettre d’ajuster votre propos et votre écriture.
  • N’hésitez pas à procéder à plusieurs sessions « d’allers-retours », en alternant réécriture du texte et renvoi aux personnes : ne vous contentez pas de corriger trois coquilles et tenez réellement compte de tout ce qui vous est dit, en relisant les passages incriminés et en choisissant (ou pas !) de suivre les conseils donnés.

De façon générale, toute la phase de relecture du livre par des tiers est un exercice indispensable, si l’on prétend le vendre ensuite sur la place publique.
A défaut, votre texte ne sera pas suffisamment « mûr » et vous n’aurez pas les épaules pour encaisser les premiers commentaires négatifs qui vous tomberont dessus… car il y en aura forcément. 🙂

L’impatience vous poussera à vouloir faire l’impasse sur cette étape, qui peut parfois prendre plusieurs mois, mais ne vous laissez pas piéger : si vous avez déjà passé un an à rédiger le premier jet de votre roman, pourquoi prendre le risque de tout gâcher ?

Parce qu’il y a des centaines de choses à dire à propos du processus d’écriture et que cet article ne peut évidemment tout couvrir, je vous invite à lire cet excellent résumé proposé par Bernard Werber.
Vous y trouverez une foule de conseils utiles relatifs à l’écriture.


Dans le prochain article de ce dossier, la partie 2, nous parlerons de la protection de votre œuvre et de la demande d’ISBN.

À très bientôt ! 🙂

Dans la même catégorie d’articles :

Commentaires Facebook

commentaires

 

L’auto-publication : principes généraux et particularités

L’auto-publication : principes généraux et particularités

Nouveauté octobre 2015 : nous venons d’ouvrir un nouveau site dédié aux auteurs et éditeurs indépendants, TutoBar.
Plus d’informations ICI.


L’auto-publication est une alternative à l’édition classique, qui permet à l’auteur de choisir la voie de la liberté et de rester maître de la diffusion de son livre jusqu’au bout.
C’est une aventure formidable mais qui peut devenir très complexe quand on ne sait pas par quel bout prendre le problème, ce qui explique que de nombreuses personnes renoncent en cours de route.

J’ai déjà parlé dans d’autres articles des raisons qui nous ont personnellement poussés à prendre cette direction et des recommandations générales que nous pouvions faire en ce domaine, mais j’aimerais maintenant pouvoir constituer une suite d’articles qui traiteront des grandes étapes du processus, afin d’aider notamment les personnes qui se lancent dans l’aventure à y voir plus clair.

Je commence donc aujourd’hui par quelques principes de base qui introduiront les articles à venir très prochainement.

Pour démarrer, je précise que j’utilise le terme « d’auto-publication » plutôt « qu’autoédition », car le premier contient le deuxième, d’une certaine façon, mais est plus vaste et va plus loin, en incluant notamment tout le thème de la promotion.
Je précise aussi que je ne parle pas ici de « l’édition à compte d’auteur », qui revient à payer une société tierce pour éditer le livre, en avançant l’argent… procédé que je déconseille absolument et qui est très différent de l’auto-publication, où l’on fait tout soi-même.

Pour résumer l’auto-publication sous forme d’étapes, voici (à la lumière de l’expérience vécue avec Rémoras) la liste chronologique des phases essentielles du processus :

  1. La phase d’écriture. (en ligne ici)
  2. La phase de relecture / correction / réécriture / re-relecture / re-correction / etc. 🙂 (en ligne ici)
  3. La protection de l’œuvre et la demande d’ISBN (si nécessaire, selon le contexte de diffusion choisi). (en ligne ici)
  4. La préparation de la mise en forme / mise en page du texte (en fonction des supports de diffusion qui seront utilisés) et l’élaboration de la couverture. (en ligne ici)
  5. La création des supports (physique et/ou numérique) et leur transmission aux partenaires (boutique en ligne, imprimeur, service d’impression à la demande, etc.). (partie numérique en ligne ici) et (partie papier en ligne ici)
  6. Les démarches administratives (comme le Dépôt Légal en France et la demande de n° ITIN, selon le contexte). (en ligne ici)
  7. Les questions relatives au statut juridique et à la fiscalité. (en ligne ici)
  8. La diffusion/commercialisation/promotion. (évoquée dans divers articles « marketing » proposés par Sébastien)

Certaines de ces étapes peuvent durer plus ou moins longtemps et même « chevaucher » des phases ultérieures (la relecture est par exemple utile jusqu’au moment de la création des supports) : je vous propose avant tout un ordre logique qui permette de faire les choses efficacement et de tenir compte de certains délais qui ne dépendront pas de vous (demander l’ISBN peut par exemple se faire juste avant l’étape 5, mais il est intéressant d’anticiper un peu, car il se peut qu’on vous fasse attendre).
De la même façon, vous pouvez très bien commencer la promotion un peu plus tôt, comme nous l’avons fait pour Rémoras, en faisant découvrir votre livre au fil de son écriture (du moment que votre texte est protégé).
De plus, selon que vous choisissez la diffusion papier et/ou numérique, certaines étapes peuvent être plus ou moins mutualisées.

Bref ! Il s’agit d’un ordre non figé, qui vous donne simplement les grandes lignes incontournables.

Par contre, quelle que soit la chronologie choisie, si vous avez l’intention de commercialiser votre œuvre (et non pas de simplement distribuer votre livre à vos proches), notez bien que ces phases ne sont pas facultatives ! 🙂
Si vous étiez édité traditionnellement, ce sont ces étapes que votre éditeur suivrait : il est donc indispensable que vous fassiez le même travail, avec toute la patience nécessaire et même si vous êtes pressé de voir votre livre sortir au grand jour.
A défaut, vous viendriez grossir le rang des « auto-publiés au travail bâclé », ce qui vous serait vraiment préjudiciable à moyen terme.

L’article suivant de ce dossier portera donc sur les deux premières phases du processus d’auto-publication, qui sont évidemment indissociables : l’écriture et toute la partie relative à la relecture/correction/réécriture.

À suivre très prochainement ! 🙂

Dans la même catégorie d’articles :

Commentaires Facebook

commentaires

 

Pin It on Pinterest

montage-newsletter2

Vous aimez nos livres ? Envie de bonus, de cadeaux... ?

Rejoignez notre cercle d'abonnés pour être informé(e) de nos futures parutions et suivre notre actualité.
Vous recevrez en moyenne une à deux newsletters par mois, ainsi qu'une notification chaque fois que nous publions un nouvel article sur notre blog.

Afin de vous remercier, nous vous offrons une copie numérique de Rémoras, La Faille - Volume 1, ou Les Affligés - Volume 1, lors de la validation de votre inscription, sur simple demande par email.

À bientôt !
Hélène et Sébastien

Votre inscription est bien enregistrée, merci !